
Le conformisme social rajoute une pression de plus en plus important à l’ensemble de la population. Alors le fait de gagner un ticket permettant de faire la chirurgie souhaitée fait des émules. Une fois que l’on commence, il est difficile d’arrêter.
4e de couverture
Une mystérieuse clinique promet d’effacer tous les complexes de ses patients en seulement cinq jours. Mais cette promesse n‘est-elle pas trop belle pour être honnête ? Avec « Le Complexe », Lucie Albrecht imagine une dystopie glaçante où le corps devient marchandise et terrain d’exploitation. Inès, Nadège et Toni réussiront-ils à s‘extraire de ce jeu toxique et capitaliste ?
Mon avis
Evoquer la chirurgie esthétique est audacieux. Le 9e art n’aborde pas vraiment cette thématique. Pourtant la société devient de plus en plus en besoin de modifier son apparence. Et le constat est que les jeunes mineures deviennent plus demandeuse. Entre les filtres et des images de perfections des réseaux sociaux, elles souffrent de dysmorphobobie. Les autres deviennent aussi en quête d’une perfection physique qui intérroge sur notre rapport à la réalité, aux personnes et leurs vraies personnalités. Est-ce que la modification de physique garantie un accès au bonheur? Est-ce que cela garantie un vraie changement de vie? On se doute bien que non.
Lucie Albrecht choisit de raconter une fiction pour évoquer ces pratiques à travers un centre réputé. Tout le monde veut y venir surtout les personnes les moins riches qui pensent que si leur physique est plus standard, la réussite sera de mise. Une illusion car une fois que nous sommes tombés dedans il n’est plus possible d’arrêter. Pour toujours être dans la norme, il faut être parfait. Mais est-il possible d’atteindre vraiment a perfection? Alors les deux gagnantes du ticket, travaille sur place pour financer les opérations. Au final, est-ce cela à améliorer leur situation professionnelle? une meilleure acceptation de la haute société? Elles sont restées subalternes au service de l’entreprise qui s’enrichie gracieusement sur elles. En plus, des autres riches qui peuvent se permettre de camoufler le vieillissement. Une personne arrive à rembourser et partir pour un nouveau départ. L’entreprise est rentable et les demandes ne manquent pas. Pour fabriquer des corps, il faut de la matière humaine récupérer sur des pauvres. Et puis, qui verra la disparition de sdf? Malgré la grosse dose de fiction, la réalité reste tout de même de mise. La bédéaste donne des informations complémentaires en fin d’album ainsi que ces sources. Elle interroge aussi les limites de la chirurgie. On peut mourir aussi sur la table d’opération. Dans les améliorations, on va augmenter les aptitudes autant sociales que des savoirs. Ainsi la distinction sociale sera encore plus importante. Vers quelle société cela nous mènera t’il? On sort de la lecture assez dubitative car c’est l’angle fictionnel qui a été choisi. Cela amène à transposer à notre monde, les parallèles ne sont pas très difficiles. Le culte de la beauté et de la jeunesse éternelle ne sont pas neutres. On y voit la discrimination, la normalisation et d’autres choses assez négatives.
Une lecture qui interroge sur notre rapport à la beauté et à l’acceptation de soi. Faut-il être comme tout le monde pour être heureux?
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