C’est la rentrée et les enfants sont ravis d’y aller. Pas de peur, pas de stress et pas de pleur, ici il n’y a que de la joie. Les plus turbulents, les plus bruyants seront les plus récompensé.

4e de couverture
Devenir bête et méchant, ça s’apprend ! Il y a même une école pour ça. Une école où toutes les valeurs qu’on connaît dans notre monde humain sont inversées : il est interdit de lever son doigt pour répondre, d’étudier le soir chez soi ou d’arriver à l’heure à l’école. Les petits monstres qui fréquentent cette école profitent pleinement de cette situation, sauf Boloss, un petit monstre intelligent, délicat et sensible, qui n’arrive pas à respecter ces règles qui lui semblent un peu contre-nature. Il aimerait tellement être gentil et apprendre à lire et à écrire. Ce qui en fait évidemment le cancre de la classe et la honte de ses parents. Arrivera-t-il à s’intégrer ou va-t-il constituer un exemple déplorable pour ses condisciples ? En silence et tout seul, il rêve d’un monde où les enfants seraient comme lui…

Mon avis
Le concept de la série est vraiment très bien trouvé. La rentrée d’école est quelque chose que les enfants connaissent bien et que beaucoup appréhendent. Mais l’établissement scolaire n’est pas ordinaire puisque les pires excellent. Donc il est mal vu d’arriver à l’avance et même d’être à l’heure. Même chose si on a de bonnes notes car il faut être turbulent. Bien entendu, un des montres lui adore apprendre des choses et être dans les règles. Au début, il a des difficultés à trouver sa place et grâce à sa particularité, il se fait une place. Le petit Boloss apprend à cacher sa soif d’apprendre et ses parents veillent à son conformisme. On nous évoque la différence, le besoin de faire parti d’un groupe quitte à renier notre personnalité et l’envie des parents qu’ils réussissent pour s’approprier aussi une partie pour l’importance de l’apparence sociale. La discrimination ne se fait pas par le physique car tous sont très différents. Par contre, fallait-il qu’ils ressemblent forcément à leurs parents? Pourquoi toutes les familles sont la représentation de l’hétéronormativité? La diversité aurait pu aussi aller dans ce domaine qui reflète quelque chose de plus réel et non d’un idéal conservateur. Ce qui étonne est aussi la fermeture d’esprit de la direction de l’école qui n’accepte que le conformisme. Le fait d’exploiter le cauchemar comme ressource est ingénieuse puisque les enfants ont peur de ces mondes bien sombres et horribles. Là, le rêve devient quelque chose d’horrible et de terrifiant. Là, notre personnage principale peut y aller et se faire des amis dans un univers qui lui est rassurant. Les couleurs chaudes et le dessin arrondi apportent beaucoup de douceur. On sait que l’on va trouver des choses horribles et malaisantes. Cela serait sympathique et drôle. L’album est idéal aussi pour échanger avec l’enfant pour savoir vers qui il se reconnait, s’il connaît des copain.e.s comme certains personnages et autres. Une façon ingénieuse d’évoquer l’inclusion, l’exclusion, le harcèlement et autres sujets propres à l’école.

Une lecture sympathique qui redonne le sourire et donne à réfléchir à la différence et à l’école.

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