Enfin de cinéma! – Musée d’Orsay

Que diriez-vous de faire un bon dans la proto-histoire du cinéma? Le musée d’Orsay monte des expositions de plus en plus audacieuses en vous proposant cette découverte. Entre immobilisme et mouvement, tout commence ici.

Au 19ème siècle émerge une société qui découvre l’industrialisation, la vie urbaine et la modernité. Le temps commence à aller plus vite, l’homme devient plus mobile et développent une conscience du monde. Le cinéma vient à point pour transcrire cette réalité qu’ils perçoivent. Il faut le mouvement, le son, la couleur… et ainsi tout devient spectacle.

La vie même

Pygmalion et Galatée – Rodin

Dans les métamorphoses d’Ovide, on raconte l’histoire d’un sculpteur, Pygmalion qui réalise une oeuvre taillée dans l’ivoire. La femme est si belle, si parfaite qu’il en tombe amoureux. Il demande alors à la déesse Aphrodite de lui trouver une femme aussi bien. Un jour, il embrasse sa création et Galatée prend vie. Rodin fait un homme d’âge mur qui pourrait faire penser à lui. Il choisit le moment où la femme prend vie.
On pourrait comprendre qu’une femme idéale est juste belle, jeune, qui ne vieillit pas et surtout qui ne parle pas.

Voici une affiche des Folies Bergère de la fin du 19ème. On y voit une nouvelle création, la présentation de « tableaux vivants ». Des artistes se transforment en statuts en référence à des tableaux célèbres.

Daguerréotype – Famille au chevet d’une jeune femme décédée – vers 1850

Il y avait une période où lorsqu’on faisait une photo de famille, c’était lorsqu’un membre de la fratrie décédait. Les gens se faisaient prendre photographier avec le cadavre. Une façon d’immortalisé la vie (la défunte à les yeux ouverts) dans un moment où le temps continu de passer. Ainsi seule le corps restent immobile et les vivants sont flous car elles bougent.

Jean-Louis Gérôme – Pygmalion et Galatée – 1890

Le spectacle de la ville

Gustave Caillebotte – Le pont de l’Europe – 1876-1877

Gustave Caillebotte s’intéresse aux interactions dans une ville en pleine mutation. Il montre une nouvelle architecture avec la gare St Lazare avec son treillis métallique, sa structure en verre. Surtout, il choisit un cadrage assez original, il coupe les jambes, les corps et les hommes regardent ailleurs ce qui traduit une forme d’immédiateté. A moins que l’on voit un homme à deux instants différents.
Le frère de Gustave, Martial est photographe. Chacun rivalise avec des jeux de couleurs et de sensations.

Marville – Déplacement de la colonne du Châtelet – 1858
Marville – Percement de l’aventure de l’Opéra : butte des Moulins – 1876/1877

Il y a une volonté d’assainir la ville et faire disparaître le Paris médiéval. Les pauvres sont repoussés à la périphérie. La photographie reste le seul témoignage du paysage d’avant.

Marville – Haut de la rue Champlain – 1877/1878

Ce n’est pas un hasard que l’on trouve ces images de Marville. Il a été nommé photographe de la ville de Paris en 1858 par le baron Haussmann et effectue son travail de mémoire pendant plus de 20 ans.

Vue de Paris des hauteurs du Trocadéro – Berthe Morisot

Berthe Morisot propose un point de vue assez original pour l’époque avec un effet panoramique.

Vue panoramique depuis la tour Saint-Germain-Saint-Protais – Wilhem Burger
Eugénie Ley, compagne du photographe, accoudée au balcon – Henri Rivière – 1896

Henri Rivière est l’un des créateur du « théâtre d’ombres », la principale attraction du cabaret du « Chat noir ».

Balcon à Montmartre, Paris – Constant Puyo – 1900
Depuis un balcon, quai Voltaire, vers 1870

Le balcon est une marque de modernité. Il permet de voir et d’être vu. Une forme de mise en scène de sa vie devient possible.

« Locataires et propriétaires » dans « Le Charivari » – 21 février 1854
Curieux sur le pont d’Arcole photographiés depuis la rive gauche sur la Seine, Paris – 1856
Un refuge – Gustave Caillebotte – 1880

Gustave Caillebotte peint directement de son balcon, situé boulevard Haussmann.

Voyageurs et curieux attendant le métropolitain place de la Bastille, Paris – Eugène Atget – 1899/1900
Les Trente-Six Vues de la Tour Eiffel – De la rue des Abbesses, de l’Escade, dans la tour du pont d’Austerlitz – Henri Rivière – Entre 1888 et 1902 – lithographies

On sent l’inspiration du japonisme dans les plans et les couleurs avec une référence à peine voilée de « Les Trente-Six Vues du mont Fuji » d’Hokusai.

A bord du ballon captif d’Henri Giffard : huit vues du quartier de l’Etoile à Paris – Nadar – 16 juillet 1868

Nadar est l’un des pionniers de la photographie aérienne en 1858. Il n’a pas trouvé le processus pour réaliser des photographies stables et vue de dessus. Pour réaliser ces images, il va monter à bord du ballon d’Henri Giffard qui arrive à faire du commerce avec son aérostat.

Promenade des nourrices, frise des fiacres – Pierre Bonnard – Paravent constitué d’une suite de 4 feuilles lithographies en cinq couleurs

Le paravent représente l’animation de la place de la Concorde. Les femmes et les enfants viennent le spectateur. Derrière, on voit une bande de fiacres prêt à s’animer comme un zootrope. Le fond blanc évoque un écran de projection.

La place du Théâtre français – Camille Pissaro – 1898

Camille Pissaro propose une vue de son balcon et retraduit l’effervescence de la ville.

Coup de vent sut un pont sur la Seine – Louis Anquetin – 1889
Scène de rue à Paris – Félix Vallotton – 1897

Félix Vallotton est le chef de ville des Nabis (prophète en hébreux). Il montre que des espèces ouverts.

La Place du Carrousel, ruines des Tuileries en 1882 – Guiseppe De Nittis
Les Las – Jules Adler – 1897
Vitrine de l’atelier Nadar, Marseille – Nadar – 1899
Place de Clichy le soir – Louis Anquetin – 1887
Colonne Morris, nocturne parisien – vers 1900 – Gabriel Biessy

Dans les nouveautés dans le mobilier urbain, on voit apparaître les fameuses colonnes Morris. Son concepteur n’est d’autre qu’un imprimeur d’affiches publicitaires. Les spectacles culturels trouvent ici un moyen d’être mis en avant.

Aux ambassadeurs – 1882 – Jean Béraud
Saint-Germain-des-Près – rue de l’Abbaye, Paris – 1898 – Eugène Atget

Sept garçons sont émerveillés devant un kiosque à regarder une reproduction de la peinture « Le rêve » d’Edouard Détaille, célèbre pour ces œuvres militaires. Ils ne voient pas le soldat qui passe avec une jambe de bois. Une image de propagande assez courante.

Spectateurs urbains

Vue intérieure de la morgue – 1845

Dans les activités populaire au 19ème avec des sensations fortes, on trouve la visite de la morgue. Le lieu d’exposition ferme en 1907.

Ballon Cinéorama. Projections panoramiques animées de Grimoin-Sanson – Louis Galice, imprimeur

Pour l’exposition universelle de 1900, Louis Grimoin-Sanson imagine une forme d’immersion du spectateur. Ces derniers s’assoient sur une nacelle et tout autour, il y a des écrans sur lesquels sont projetées des images d’une véritable ascension en ballon. Malheureusement suite à un problème technique, il n’y eu qu’une seule représentation.

Félix Vallotton

L’éditeur Octave Uzanne commande une série d’illustration pour un ouvrage.

Le pont de l’Europe et la gare St Lazare – 1887 – Norbert Goeneutte
Falaise – 1870 – Antoine Vollon
La locomotive – 1873 – Félix Bracquemond

Mouvements de la nature

Linge séchant au bord de la Seine, Petit-Gennevilliers – 1892 – Gustave Caillebotte

Nuages, calices, papillons, flammes… les danses serpentines de Loïe Fuller (1862-1928), pionnière du modernisme en danse, fait tourbillonner notre imagination. Avec ses jeux de voiles, de couleurs et de lumières spectaculaires, la danseuse américaine est une éternelle source d’inspiration.