
Trouver son identité n’est pas facile. La société glorifie l’hétéronormativité et donc cela complique quand on ne rentre pas dans la boîte du conformisme. Maia a trouvé des informations et s’est entouré de gens ouvert et compréhensif.
4e de couverture
« Je ne veux pas être une fille. Je ne veux pas non plus être un garçon. Je veux juste être moi-même. »
Dans Genre Queer, Maia Kobabe offre le récit intense et cathartique de son chemin vers l’identification en tant que personne genderqueer (ou non binaire, c’est-à-dire qui déroge aux normes de genre et de sexualité) et asexuelle, et celui de son coming out auprès de sa famille et de la société. Parce qu’elle traite d’identité de genre – ce que cela signifie, comment l’appréhender –, cette histoire se révèle un guide aussi nécessaire et utile qu’il est touchant.
Mon avis
Quand on ne se sent ni fille et ni garçon, il n’est pas facile de trouver sa place. Surtout que le sujet ne semble jamais présent dans les médias ou à l’école ou dans la famille. Par contre, très vite, elle sent des obligations liés à son identité de fille avec la séduction, les règles, les seins qui poussent… « C’est alors devenu extrêmement important pour moi de cacher mes règles. Pendant deux années scolaires entières, j’ai réussi à éviter les toilettes de l’école. Souvent je portais la même serviette si longtemps que le sang séché se transformait en miettes foncées, comme du marc de café. Aujourd’hui encore, nombre de mes cauchemars tournent autour du sang menstruel. J’éprouve la sensation familière du sang chaud coulant à flots hors de mon corps. Quand j’arrive aux toilettes, je m’aperçois que je suis couverte de sang de la taille aux genoux. » (p. 35). La question aussi de devenir mère est abordé par la mère qui trouvait cela allant de soit. La réponse est lourde d’irrespect : « Ca me fait de la peine que tu dises ça. Tu ferais vraiment une bonne mère. » (p. 149). Il faut aussi déconstruire les imagines figés et standards de l’entourage aimant.
Ille veut être un homme sans pour autant se changer totalement. Les réponses ne sont pas simples et évidentes. En cherchant, ille trouve des fan fiction, de la littérature et aussi des gens avec qui échanger et devenir des ami.e.s. Une quête très intéressante pour la bédéaste et aussi pour les lecteurs qui croient encore aux informations des conservateurs. Le style fait penser à la bd traditionnelle et du manga. On sent les influences américaines avec des communautés autour de l’écriture et autre qui ne sont pas semblables en France. Les albums même sur la question du genre et même d’un parcours pour s’interroger reste assez rare. Pourtant, c’est très intéressant de suivre des réflexions réelles sur la place de chacun dans le monde et à destination de tous les publics. Comment se définir même par les pronoms restent au combien importante. Ce n’est pas facile forcément de les intégrer dans son langage courant toutefois n’est-ce pas utile et bienveillant envers les autres? Réduire cela à de la binarité est trop navrant. « Quand je réfléchissait à changer de pronoms , j’ai commencé à voir le genre non plus comme une balance mais comme un paysage. Certaines personnes naissent à la montagne, d’autres au bord de la mer. Certaines personnes aiment vivre à l’endroit où elles sont nées, d’autres doivent voyage pour rejoindre le climat où elles peuvent s’épanouir et se déposer. Entre l’océan et la montagne, il y a une forêt sauvage. C’est là ce que je veux m’installer. » (p. 191). Une description bien réalisée pour faire comprendre le message et l’illustration est très explicite et jolie. L’album a reçu des prix et est disponible dans certaines bibliothèques, ce qui se comprend vraiment. La preuve que certains récits personnels ont vraiment leur place et dans le monde en plus. Un album à lire pour découvrir autant la question de genre qu’une bédéaste talentueuse.
Une lecture riche et enrichissante qui rendre dans les recommandations à faire sur la question du genre.
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