
Au 19e siècle, Paris connaît de très nombreux rebondissements. Les citoyens sont dans la rue pour défendre leur liberté. Allons à la rencontre de celles et ceux qui ont porté la Commune.
4e de couverture
Bien sûr, il y a les célébrités : Napoléon III, Thiers, Victor Hugo, Gambetta, Jean-Baptiste Clément, l’auteur du « Temps des cerises », et Louise Michel… Mais le véritable héros de ce livre, c’est le peuple de Paris. C’est lui, anonyme, obscur et sans grade, qui rêve de parfaire et accomplir la Révolution de 1789. Lui qui tente une utopie : éducation obligatoire, laïque et gratuite, égalité entre hommes et femmes, démocratie directe. Écrasée dans un bain de sang, condamnée, calomniée, caricaturée, puis oubliée, la Commune méritait que les auteurs de Nous, notre Histoire rétablissent certaines vérités. Et voilà un album qui chante, vibre, fulmine et s’attendrit comme une chanson de Colette Magny.
Mon avis
Il n’est jamais inutile de rappeler les luttes sociales. Des citoyens se solidarisent pour lutter autant contre l’oppresseur prussien que les conservateurs. Ensemble, qu’importe leur sexe, leur genre, leur statut social ont décidé de s’aider pour inventer une nouvelle société plus équitable et qui fonctionne. Mais cela dérange tellement que l’on puisse décider de fonctionner en dehors de la boîte du conformisme. Ces hommes qui ont des privilèges ne veulent pas les perdre et leur réseau non plus. Alors il faut étouffer tout vent de liberté et de co-construction. En plus si les femmes s’en mêlent et aussi les étranges, la donne risque de changer. Il faut être prêt à tout pour éviter que les choses changent en leur défaveur. Alors tuer en masse des innocents, c’est une évidence qui fait passer un message assez clair. Ceux qui s’oppose à l’Etat et au pouvoir, risquent de perdre leur vie, qu’importe les raisons. Un message qui porte encore plus de sens à toutes les époques. Une plongée dans l’Histoire s’impose autant pour les enfants que les adultes. L’album est composé de textes clairs qui vont à l’essentiel. Et aussi des illustrations de la capitale avec des personnes qui interagissent. Ainsi les choses deviennent plus vraies.
Dans le Paris du 19e, deux camps s’affrontent. D’un côté les conservateurs avec une alliance des monarchistes et des bonapartistes qui soutiennent l’empereur Napoléon III. De l’autre côté, les républicains composés de modérés et de radicaux, surnommés les rouges. Paris est républicain alors que le monde rural reste traditionnellement conservateur.
1852, Napoléon 3 est empereur d’un pays qui commence à s’industrialiser. Les villes changent de visages. Les paysans arrivent dans ce lieux où l’emploi ne manque pas et ils s’entassent dans les faubourgs, rapidement construits et dans des conditions sanitaires assez limites. Le baron Haussmann, préfet de la Seine, prend en main la rénovation de Paris et d’assainir le centre où l’on trouve des révoltés. Il fait casser ces ruelles lugubres pour y installer des grandes avenues où s’installe une nouvelle population et des casernes pour des questions de sécurité. La capitale se trouve coupée en deux avec un ouest de plus en plus riche et un nord-est de plus en plus pauvre.
« L’empereur est devenu fou! Il a déjà accordé le droit de grève, ouvert le Parlement à des républicains! Voilà qu’il ne censure plus la presse et autorise les réunions publiques! ». L’empereur lâche du lest car le peuple commence à gronder son mécontentement. Ses adversaires lui trouve le sobriquet de Badinguet.
L’impératrice Eugénie n’apprécie pas cette montée en colère des parisiens. Elle pense avec son équipe, qu’une victoire armée ne pourra qu’être bénéfique. Donc, une guerre contre la Prusse ne serait qu’une chose facile, surtout pour la meilleure armée du monde. Sauf que Bismarck, rêve de ce conflit pour conquérir un territoire qu’il veut adjoindre à sa futur Allemagne. La colère est présente depuis la défaite avec Napoléon 1er. Très vite, la guerre prend un virage inattendue car les défaites françaises s’accumulent. Le maréchal Mac-Mahon capitule à Sedan et le 2 septembre 1870, Napoléon III se rend. Deux jours plus tard, Gambetta proclame la République et un gouvernement provisoire de la Défense nationale se déploie sous la présidence du général Trochu. Bismarck demande une compensation importante tout en assiégeant Paris et Metz.
Adolphe Thiers tente de négocier avec les prussiens et Gambetta s’enfuit en ballon pour trouver de l’aide. Un nouveau gouvernement avec l’ensemble des politiques se créent. Les Parisiens n’acceptent pas cette coalition. Ils acceptent la reconstitution de la Garde nationale composée de civils âgés de 20 à 40 ans, mobilisable en cas de nécessité, touche une solde et élisent leur chef. Ils attendent l’ordre d’attaquer. Les manifestations devant l’Hôtel de ville s’intensifie et les citoyens réclament des élections municipales. Les élections se déroulent assez bien et 9 maires révolutionnaires sont élus. Une vague de froid s’abat sur le pays réduisant la population dans la plus grande misère, obligeant à manger du chat, du rat, des animaux du zoo… Surtout que depuis janvier 1871, les Prussiens bombardent la capitale. Les pauvres meurent aussi des maladies comme la pneumonie ou tuberculose. Les soldats, hors garde nationale, échoue et Tronchu démissionne face à son échec.
Le nouveau gouvernement majoritairement conservateur supprime la solde des gardes nationaux. La plupart quitte le regroupement ce qui n’empêche pas de créer une nouvelle organisation avec un Comité central.
Bismarck défile au coeur de Paris pour montrer sa supériorité. Le gouvernement français fuit à Versailles et réclament des salaires impayés pendant le blocus. Au matin du 18 mars, une troupe dirigée par le général Vinoy vont récupérer les canons stockés à Montmartre. Les parisiens fraternisent avec les soldats. Les conservateurs fuit à Versailles pour constituer une armée solide nommée les versaillais. Pour s’opposer à ce qui se prépare, les parisnes organisent des élections communales en se dotant d’un gouvernement démocratiquement élu. Le nouveau conseil municipal se fait nommer : la Commune de Paris, proclamée le 28 mars 1871. L’éducation est obligatoire, laïque et gratuit pour les filles et garçons. Séparation de l’église et de l’état. Et aussi égalité entre les sexes comme le porte Elisabeth Dmitrieff. Elles sont partout autant derrière les barricades qu’ambulancières. La solidarité permet d’affronter les deux armées présentes : d’un côté les prussiens et de l’autre les républicains. La pression et le stress amènent à des actions comme vandaliser des églises où déboulonner la colonne Vendôme. Le redoux redonne de l’espoir. Les versaillais s’emparent de certains forts et pénètre dans la ville.
Adolphe Thiers demande à Bismarck de le laisse écraser la Commune. Mac-Mahon a besoin d’une victoire suite à l’échec de Sedan. Le 22 mai, 130 000 versaillais sont dans Paris. Le lendemain, Montmartre tombe. C’est le début de la semaine sanglante. Hommes, femmes et enfants se font fusillés. Quelques fédérés sachant que tout est perdu, incendient ce qui représente le pouvoir comme la préfecture de police, le Palais de justice, l’hôtel de ville, leurs maisons…. La sauvagerie règne et les massacres sommaires se font. Les jugements se feront ensuite des femmes qui ont osé aller à l’encontre de l’ordre conservateur, les étrangers qui osent venir avec de l’espoir et des idées politiques… Tout est prétexte pour exterminer la vermine qui refuse le conformisme ou être envoyé en prison en Nouvelle-Calédonie.
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