Le diamant gros comme le Ritz – F. Scott Fitzgerald

Quand on est très riche on peut se permettre toute les extravagances. Cependant au bout d’un moment, vient un grain de sable dans la chaussure et tout s’effondre. Que diriez-vous de suivre l’éclat d’un diamant très particulier ?

John Unger est maintenant un homme, il quitte la maison pour aller à l’école privée. Il pourra y rencontrer que des élèves de la haute société. D’ailleurs, il sympathise avec Percy Washington qui l’invite à passer des vacances dans sa luxueuse maison. Sur le trajet, le jeune garçon lui parle de la fortune colossale de son père qui possède le plus gros diamant du monde. Au début, il est un peu dubitatif car si c’était vrai tout le monde serait informé. Sauf qu’il faut savoir que c’est un secret et tout a été fait sur plusieurs générations pour que cela reste ainsi. Une fois arriver dans la demeure, impossible de douter. La beauté resplendit partout et le luxe atteint son apogée. Ce n’est pas seulement le lieu qui le séduit mais aussi la petite sœur de son camarade, Kismine. En cachette, ils apprennent à mieux se connaître, s’embrasse. Puis voilà que sans le vouloir, elle lui dévoile son destin. Jamais un invité venu dans la montagne de diamant n’est reparti vivant. Il faut qu’il s’échappe alors. Comment ? Son amoureuse veut bien le suivre et vivre autrement, comme dans les livres. Par un heureux hasard, un des prisonniers qui avait découvert le site s’était enfui. Il a fait venir toute une armée pour crier vengeance et c’est le début de la fin pour la famille Washington. Percy va trouver un moyen de partir avec les deux sœurs de son ancien ami. Une nouvelle vie les attend.

En 1922, dans le magazine littéraire « The Smart Set » est publié la nouvelle « The Diamond as Big as the Ritz » traduit littéralement par « Le diamant gros comme le Ritz ». Folio réédite cette nouvelle dans sa collection à 2€. Quel plaisir de retrouver la plume si délicate avec une pointe d’impertinence de Francis Scott Fitzgerald. Derrière cette histoire assez particulière se cache une critique de la société bourgeoise qui a besoin d’opulence, de cultiver l’apparat. Elle a besoin de toujours plus pour montrer sa supériorité et ne craint pas la folie des grandeurs. Cependant, secrètement elle a peur de la pauvreté et la déchéance. Le diamant n’est pas un choix innocent car c’est la pierre qui a le plus de valeur. L’auteur connaissait l’histoire du Cullinan et ses 3 106 carats, découvert en 1905 en Afrique du Sud. Même si les diamants de sang font moins rêver, ne sont-ils pas toujours le signe de la fortune ?

On trouve des noirs qui ne savent pas que l’esclavage a été aboli. Ils ont été coupé du monde et on leur a fait croire que pendant la seconde guerre de Sécession les sudistes avaient gagné. Et comme les rares personnes qui sont venus ont tous péri, aucune révolution n’a pu avoir lieu. Un regret que devait avoir de nombreux riches de devoir changer leur façon de voir le monde surtout avec ceux qui ont une couleur de peau différente. Le sujet n’est-il d’ailleurs toujours pas d’actualité ?

Il ne pouvait arriver que des malheurs à notre personnage John Unger, il vient d’Hadès. Un choix pas très innocent, car c’est le prénom du frère de Zeus et de Poséidon, le maître des enfers. On pourrait dire un autre monde car le ciel et la mer étaient déjà pris. L’univers du garçon et des demoiselles qui vont l’accompagner maintenant ne vont-ils pas totalement changer ? Au lieu de prendre des pierres précieuses pour s’enfuir, ils se retrouvent avec des copies. De l’extrême richesse, ils vont passer à celui de pauvreté, comme décrit dans la littérature et dans la presse. Une nouvelle aventure qui change le rapport aux autres. Il existe bien une frontière entre les deux sociétés dont chacune des parties à conscience. Pour l’une, elle frisonne d’effroi à l’idée de descendre et l’autre court après un rêve à la réussite sociale avec beaucoup d’argent. Même si à la limite on trouve des troubles similaires comme l’alcoolisme, l’addiction au jeu ou la folie. L’auteur a très bien conscience de ces limites car aussi bien lui et son épouse les on franchit pour parfois les perdre.

L’adage « Vivons heureux, vivons cachés » ne s’applique pas forcément à tout le monde. Mais n’est pas l’occasion de réfléchir à ce qui nous fait apprécier les choses qui nous entoure, avec ou sans diamant ?

2 réflexions sur “Le diamant gros comme le Ritz – F. Scott Fitzgerald

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