Le corbeau et le renard – Alexandre Jardin et Fred Multier

Le corbeau a trouvé un appétissant fromage et le conserve précieusement dans son bec. Plusieurs animaux tentent une approche pour récupérer ce met à l’odeur si particulière. Quelqu’un va-t-il y arriver ?

« Il était une fois un corbeau qui vivait dans la savane. Un jour, il tombe sur un superbe fromage. » Ravie de sa découverte, il le prend dans son bec et va se poser sur un arbre. L’odeur qui émane arrive aux narines des animaux aux alentours et veulent tous cette chose qui sent si bon. Le rhinocéros cours vite et fait vibrer le sol. L’oiseau ne bouge pas. La girafe tire son coup jusqu’en haut de la cime de l’arbre. Mais le corbeau s’envola avant de se poser plus haut sur le baobab. Personne ne se démoralise. Ils vont essayer en faisant l’échelle de l’atteindre. De nouveau l’oiseau s’envole. Le renard lui décide de prendre conseil auprès du sage, qui n’est d’autre qu’un serpent, pour savoir quoi faire : « C’est très simple : FAIS-LUI OUVRIR LE BEC ! ». L’animal très rusé à trouver l’astuce qui changera la donne. Alors, il va à la rencontre du corbeau, commence à lui parler, à le charmer. La bête n’est insensible à la beauté des mots ouvrit son bec et fit tomber son fromage. « Plus jamais jamais on ne l’aura avec des flatteries. Les petits malins ne gagneront pas toujours ! ».

La fable la plus connue est bien entendu « Le corbeau et le renard », alors comment Alexandre Jardin va-t-il la modernisé ? Tout simplement en la plaçant l’histoire au cœur de la savane. Ce qui a de quoi surprendre car ce n’est pas forcément un endroit où l’on verrait un renard et un corbeau. Mais dans le monde de l’imaginaire, y a-t-il des interdits ? Bien sûr que non. A partir de cette acceptation, c’est normal qu’une tome de fromage soit abandonnée et que des animaux sauvages aient envie d’en manger. Après tout, peut-être que le fromage possède des attributs qui excitent la curiosité animale. Rassurez-vous la morale est sauve car le beau parleur de renard arrive à faire ouvrir le bec. Dommage que l’auteur n’a pas choisi la phrase de fin dans son histoire car je la trouve percutante : « Le Corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus ». D’ailleurs, la fable est en fin de livre pour ceux qui voudraient faire un comparatif. Impossible pour les enfants de ne pas comprendre le sens de cette aventure. Attention aux flagorneurs car souvent se cachent derrière de belles apparences physiques et verbales des profiteurs, des menteurs, des manipulateurs… Rester fidèle à vous-même et ne vous laissez pas tenter par les lumières de la flatterie. On peut le voir autrement, car c’est une méthode que certains filous peuvent utiliser pour jouer des tours. Chacun en tirera la leçon de son choix. La lecture est au final drôle et sympathique. Les illustrations de Fred Multier donne vie à ces rencontres étonnantes permettant de tourner les pages avec amusement et curiosité.

Un duo de choc au service d’une fable moralisatrice qui saura autant faire rire que réfléchir.

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