Julie voulait écrire une biographie de Tove Jansson, créatrice des Moomins. Elle part dans son pays d’origine et elle découvre un monde qui l’a pousse à se questionner. Devenir une femme, est une réflexion à mener tout au long de sa vie.

4e de couverture
 » A quel âge ai-je commencé à me sentir flouée d’être une fille ?
 » C’est autour de cette interrogation initiale que s’articule Moi aussi je voulais l’emporter, réflexion personnelle sur le genre qui devient au fil des pages une sorte de récit d’apprentissage féministe. Inspirée par la figure de Tove Jansson, créatrice des Moomins à laquelle devait d’abord être consacré l’ouvrage, Julie Delporte se remet en question tout en remettant en question la place des femmes dans le monde, pour en arriver finalement à cette réalisation :  » Je suis en train de tomber amoureuse de l’idée d’être une femme. « 

Mon avis
Julie Delporte propose une bande dessinée assez personnelle qu’elle fait sous forme de journal autobiographique. Elle s’interroge de son statut de fille et de femme. A partir de quand on se sent femme et bien dans ces bottes? Et est-ce aussi vraiment possible? Alors elle se pose des questions sur elle, son passé, sa relation avec Jérôme, son envie ou pas d’avoir un bébé, d’histoires de femmes réelles comme Tove Jansson, créatrice des Moomins et fictives. Les idées vont et viennent. Elle partage ces vagabondages dans la monde et aussi dans sa vie. « je suis en train de tomber amoureuse de l’idée d’être une femme. » Cela paraît décousue mais n’est pas la forme du journal? D’ailleurs, parfois on a des pages blanches avec des éléments collés ou des pages de journaux personnelles arrachés. Ici la particularité, se sont les illustrations sur chaque page ou double page. On voit un dessin ou une peinture avec un texte écrit souvent à la main au crayon de couleurs. La bédéaste montre son talent de dessinatrice. Les reproductions de peinture et les portraits sont magnifiques. Elle ne les reproduit pas fidèlement, elle en ressort l’essence de leur beauté et de leur délicatesse. Alors on accepte de se perdre car on se régale. Les croquis de phare évoque toujours des souvenirs à tous ou le besoin d’isolement, le rapport à la nature. Et aussi des étapes du corps comme les règles douloureuses ou des maux de têtes. Bien que le fait de tuer un ours à main avec un coup direct au coeur étonne. Est-ce vrai ou une métaphore? Est-ce que tout doit avoir des réponses? On se doute bien que non.

Une lecture qui charme par son côté esthétique et des réflexions sur la question de trouver sa place.

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