L’amour est une vraie source d’inspiration. Florence Cestac en sait quelque chose puisqu’elle les raconte ainsi que ses déceptions. Les attentes ne sont plus les mêmes selon les âges.

4e de couverture
Les Démons de l’existence ou Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forte !… Ben voyons ! présente la grande comédie de la vie selon Florence Cestac. Son héroïne, Noémie, subit le démon de midi pour ses 40 piges, fracassée par le départ de son conjoint vers de plus vertes prairies… puis appréhende le démon d’après-midi entourée de ses copines le temps d’un week-end à la mer pour ses 50 ans ; avant d’envisager le démon du soir avec un héroïsme énergique. Un chef-d’oeuvre d’humour vache, un concentré de vie avec ses fous rires, ses coups de blues, et beaucoup de tendresse.

Mon avis
Florence Cestac s’est fait connaître grâce à sa bd sur le démon de midi qui a été par la suite adaptée au théâtre et au cinéma. Le sujet de la tromperie des hommes avec leur secrétaire n’est pas juste un mythe. Elle a osé le dire et donner une vision à travers le regard de la femme. Et en plus, cela n’est pas l’occasion de faire des blagues grossières et bas de plafond. L’ouvrage se compose de la trilogie où l’on retrouve Noémie à trois beaux âges de sa vie. L’avenir ne s’envisage pas de la même façon. L’amour par contre donne autant des ailes qu’il peut les briser. Avec un humour corrosif, elle dénonce les situations improbables et l’acceptation social. Elle souligne l’importance des copines qui sont toujours là pour rire et pleurer. Les gamins sont présents et ne souffrent pas tellement des divorces. C’est devenu une norme acceptable. La bédéaste a un style dit à gros nez où elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Les histoires restent peu denses et se lisent très vite. Un parti pris qui risquent d’en déranger quelques uns. Au final, on passe un bon moment à travers ces vies qui semblent si réels que plus d’une lectrice pourra se reconnaître. Elle parle des règles, des pertes blanches, de la ménopause… et surtout des hommes. Tout tourne tout le temps autour des hommes, de leur fidélité, de leur investissement dans le couple et la famille et du fait de la difficulté de vivre seule. Elles parlent tout le temps d’être avec un homme que cela soit pour une nuit ou un moment de vie. On a l’impression que ces femmes ne cherchent pas à se trouver, à faire sororité mais que discuter des hommes. A croire que la femme ne vaut rien sans eux car tout est centré sur eux. Pas certaine que le test Bechdel soit ici validé. On aurait aimé voir des femmes autonomes qui ne pensent pas qu’aux hommes, leurs maris, leurs amants, leurs enfants, leur boulot, leurs petits-enfants… Et quand elles sont entre copines, leurs sujets de conversations ne tournent qu’autour de ça. Dommage de ne pas montrer des femmes qui s’épanouissent grâce à leur curiosité, leur volonté et leur intelligence.

Une lecture qui remet les femmes au coeur de l’histoire et des peines de coeur mais qui tourne toujours autour des hommes.

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