
Le travail c’est la santé disait l’autre. Pourtant, on sait bien que cela n’est pas si vrai. Voilà un thème complexe qui mérite que l’on s’y attarde surtout avec les temps qui courent entre burn out et IA.
4e de couverture
Le travail définit en grande partie notre identité, occupe une place majeure dans notre existence et constitue un marqueur essentiel de notre vie sociale. C’est de ce concept universel que s’emparent les auteurs de Philocomix pour enclencher de nouvelles réflexions sur le bonheur !
Est-ce qu’être un bon travailleur me suffit pour être heureux avec les autres ? La technique, source de progrès, permet-elle de vivre mieux et d’être plus heureux ? Puis-je être heureux si on ne me garantit pas la propriété du fruit de mon travail ?
Autant de questions pour lesquelles sont convoqués René Descartes, Karl Marx ou encore Adam Smith au travers de 10 nouvelles approches philosophiques courtes afin de nous éclairer sur la place du travail dans notre société et dans nos vies personnelles.
Mon avis
La philosophie reprend de la place sur le devant de la scène. Elle devient un outil à penser le monde. L’important est de s’interroger sans forcément trouver de réponses. Mais l’important n’est-il pas capable de réfléchir à des certitudes pour mieux en définir les limites. Le sujet a toujours intéressée des philosophes, des sociologues, des anthropologues… Sert-il à soumettre les ouvriers? Sert-il à prouver l’utilité des distinctions sociales? Les femmes sont-elles les égales des hommes face au travail? Le travail montre t’il la juste répartition des richesses? Est-il normal qu’il existe des ultrariches? Le travail libère t’il de l’oisiveté? Des philosophes permettent de contribuer à ces questionnements et aussi d’éventuelles réponses. Pour cela, on nous propose de découvrir 10 personnalités de façons chronologiques. On peut remercier d’avoir mis une femme car sinon on aurait cru que l’effet Matilda serait aussi passé par là. Par contre, la pensée de Simone Weil est en grande partie racontée par un tiers qui lui a permis d’acquérir une renommée. Le choix d’une mise en avant par un tiers ne veut-elle pas autant pour les autres? Pourquoi souligner le fait qu’elle a failli passer dans l’oublie sans l’intervention d’un homme? Est-ce pour mieux interroger le lecteur aussi sur la question de qui écrit l’Histoire, pour qui et comment la diffuser?
On découvre le raisonnement de Socrate, Pétrarque, René Descartes, John Locke, Adam Smith, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Karl Marx, Simone Weil, Martin Heidegger et Bertrand Russell. Les différences peuvent être complémentaires jusqu’à radicalement différentes. Mais on vient à penser la main d’oeuvre comme des personnes, des individus capable de penser, de dire et d’agir. Quel intérêt pour une organisation d’avoir des employés non soumis? L’IA n’est-elle pas intéressante pour remplacer des cerveaux qui risquent de phosphorer? On peut aussi se demander cela demande à quoi de penser le travail s’il ne sert pas le profit? Peut-il aider à vouloir changer les choses et gagner de l’éthique avec du respect des humains? La réalité a tendance à dire que non à cette dernière question. On ressort de la lecture avec des concepts intéressants pour mieux penser le travail bien que n’ayons peu de force pour changer les choses. Mieux comprendre le système devrait nous permettre de mieux nous protéger. Peut-être que nous aurons un bouquin sur les stratégies déployées pour mieux construire la souffrance pour mieux s’y préparer, sans l’angle légal, quasi inexistant. Cela est un autre débat qui n’est pas abordé dans le livre. Les théories trouvent très vite les limites car elles semblent souvent décorélées du concret car rare sont ceux qui ont été sur le terrain comme Simone Weil. Karl Marx les regardait de loin et vivaient de la générosité de son entourage. Le père de l’économie du travail Adam Smith est présenté et parfois on aurait aimé avec des arguments critiques. C’est à nous d’en faire la critique et de trouver les limites. Le choix de proposer des portraits courts et toujours avec l’angle de l’humour facilite l’accessibilité à tous les publics et fait oublier aussi la limite des choses. Le dessin chaleureux de M. La Mine rend les choses plus sympathique et amusante. Faut-il cela pour rendre accessible la philosophie? A chacun d’argumenter sa réponse.
Un livre parfait à offrir à ceux qui aime à réfléchir leur travail pour mieux comprendre la complexité des relations et des enjeux. Vous allez avoir des clés de compréhension mais sauront-elles permettre des changements?
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