
Mathieu Palain se sentait assez peu concerné par les violences envers les femmes. Un jour, #metoo et « King Kong Theorie » de Virginie Despentes lui ont fait changer d’avis. Les vss sont omniprésentes et il va enquêter pour en savoir plus.
4e de couverture
Adapté de l’essai de Mathieu Palain
Si les monstres ça n’existe pas, qui sont les auteurs de violence ? C’est la question que se pose Mathieu, journaliste, lorsqu’il rencontre Cécile. Cette jeune femme, victime de violence conjugale, essaie de comprendre ce qui lui est arrivé. Entre Mathieu et elle, un lien se noue. Mathieu débute son enquête au sein de groupes de parole d’hommes condamnés pour violence conjugale. Mais pour questionner les hommes et leur violence, il faut aller plus loin, auprès des chercheurs, d’associatifs, de psychiatres. Avec Cécile, Mathieu regarde aussi sa propre histoire et tente de comprendre cette violence qui traverse la société. Car pour s’attaquer à la violence des hommes, il faut accepter de la regarder en face.
Mon avis
Le journaliste Mathieu Palain a eu une prise de conscience concernant les violences sexistes et sexuelles. Entre #metoo et « King Kong Theorie » de Virginie Despentes, le déclic a été puissant. Il a posé des questions à ses copines ainsi qu’à sa mère et les réponses lui ont glacé le dos. Pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène, il décide de mener l’enquête à travers la série documentaire « Des hommes violents », à la rencontre de douze hommes condamnés pour violences conjugales contraints par la justice de participer à un groupe de parole. On est surpris car presqu’aucun des hommes présents autour de la table ne trouve qu’il a mal agi. Bien au contraire, ils sont solidaires car les femmes les a piégé. S’ils les ont frappé c’est à cause d’elle qui le a poussé. Cela débute avec le témoignage d’une femme qui a été victime de grave violence de son compagnon. Pour se défendre, elle lui a mis deux baffes. Il a aussi porté plainte contre elle pour violence. Le juge a mis la même peine aux deux comme si avoir des bleus, des marques, des jours d’ITT valaient deux baffes. Les ateliers ont été très difficiles pour elle car les agresseurs trouvaient normal d’avoir battu leur compagne. Quel rapport à la violence cela dit des hommes et de la société?
Il souligne l’omniprésence de la violence. Le bédéaste montre l’action des colleuses pour dénoncer une violence trop banalisée. Et il donne aussi des chiffres qui devraient faire réfléchir. « En 2023, 270 000 femmes ont porté plainte pour violences conjugales. Si on prend l’info dans l’autre sens, on se retrouve avec 270 000 mecs violents. Ces 270 000 mecs violents, ce ne sont pas 270 000 monstres, 270 000 bêtes féroces qui sillonnent nos rues. Ce serait si simple. Un loup, ça se traque, ça se tire, ça s’empaille. » (p. 95). Alors qu’un mec ordinaire qu’importe sa classe sociale, cela change la donne. Mais si on vient à construire de nouveaux imaginaires sur les agresseurs, il va falloir à l’Etat de changer ses actions concrètes. Et en prévision des élections avec des prises de parties qui s’orientent vers le populisme, le conservatisme et l’extrême droite, la prévention, les arrestations et autres risque d’être mise de côté et les victimes ainsi que les féminicides continueront à augmenter.
L’auteur tente d’apporter une touche positive pour conclure. Il évoque la ligne d’écoute, qui est une permanence téléphonique pour les auteurs de violences conjugales. Le personnel au bout des lignes leur permet de discuter et de les aider pour comprendre pourquoi ils ont cette violence en eux. Ils reçoivent une centaine d’appel par an. Ils veulent aider ceux que personne ne veut aider. Cela est sûrement nécessaire pour éviter d’avoir trop d’agresseurs et qu’ils se fassent aider. Peut-être que quelques uns arrêteront de se considérer comme des victimes car on les a provoqué. Impossible de ne pas faire le lien avec les violeurs de Gisèle Pélicot tous dans le déni de viol. C’était normal de coucher avec une femme inconsciente car son mari les avait autorisé. Eux ne font jamais rien de mal, c’est à cause des femmes. On clôture la lecture avec de la colère et un profond sentiment d’injustice. Au final, on ne peut changer un homme violent et encore moins dans une société qui valorise les masculinistes et les discriminations. Il va falloir prôner vraiment la sororité et l’adelphité pour éviter trop le pire.
Une lecture qui montre l’étendu du problème et qu’il n’y a pas de solutions toute faite. La violence continuera et des femmes ainsi que des enfants continueront à mourir à cause de l’égo de ces #notallmen.
Le numéro pour les hommes violents : 08 019 019 11
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