On entend souvent parlé de l’art contemporain. Pourtant, il n’est pas si facile de définir ce qu’un artiste et encore moins ce qu’il fait. Une sociologue décide de nous présenter trois artistes qui sortent de l’école d’art.

4e de couverture
Statut des artistes, critères d’acceptabilité, rôle essentiel des intermédiaires et des institutions… Pour qu’il soit compris, l’art contemporain exige ces clés d’entrée. Véritable photographie sociologique du monde de l’art contemporain en ce début du XXIe siècle, cette bande dessinée s’est donné pour objectif de suivre les itinéraires de trois archétypes d’artistes afin de mieux nous faire comprendre le fonctionnement interne de l’art d’aujourd’hui.

Mon avis
C’est toujours très intéressant de se plonger dans la série La petite bédéthèque des savoirs. Les approches sont toujours très originales et nous permettent de mieux comprendre un sujet qui peut parfois être complexe. Un outil bien pensée pour vulgariser. Cette fois-ci, on se tourne vers l’artiste contemporain. L’avant-propos du directeur de collection, David Vandermeulen, apporte quelques informations sur le regard sur l’art contemporain. Il évoque la représentation de l’art contemporain avec 2 épisodes de Columbo, l’un de 1971 et l’autre de 1975 avec une caricature où l’on ne comprend rien à ce qui est représenté. Donc cela limite la découverte et l’intérêt au grand public. Il note un changement avec les ready-made de Marcel Duchamp (1887-1968) et en particulier la fameuse fontaine qui est juste un urinoir renversé. Il parle également le paradoxe de cette colère avec l’affluence record pour la rétrospective Jeff Koons au Grand Palais en 2014. On est surpris par cette approche sans vraiment beaucoup d’enthousiasme et assez simple. D’habitude, les sources plus nombreuses et l’esprit critique plus affuté. Surtout qu’il y a bien des choses à dire sur l’artiste contemporain.

La bande dessinée débute avec un prologue où l’on voit Nathalie Heinich donnant une conférence dans une école de beaux-arts avec pour titre « L’art contemporain n’est pas l’art moderne ». « Vous devez savoir que l’art contemporain n’est pas seulement l’art d’aujourd’hui : c’est un genre bien particulier, qui repose avant tout sur la transgression des frontières, l’expérience des limites » (p. 12). Elle commence par expliciter la rupture de l’art contemporain d’avec l’art moderne, en particulier l’abandon des supports traditionnels comme la peinture avec des cadres ou la sculpture sur socle ainsi que l’émergence d’installations, performance, de la vidéo… En une génération le nombre d’artistes inscrits à La Maison des Artistes a triplé en une génération. Toutefois, beaucoup d’appelé et peu d’élu. Une façon de rentrer dans le sujet où l’on va suivre le parcours professionnel de trois jeunes diplômés : Anatole peintre moderne, Jules artiste contemporain porté par les institutions et Edmond artiste contemporain qui va trouver sa place. Ainsi on suit d’un côté l’évolution des carrières de ces trois potes et de l’autre la sociologue qui explique l’évolution des artistes d’art contemporain avec des échanges avec le bédéaste. C’est intéressant de voir que le réseau fait la différence plus que l’oeuvre elle-même. Mais il y a tout de même une réserver très importante qui n’a pas été abordé. Cela sous-entend qu’un artiste sort forcément d’une école d’art comme si l’apprentissage personnelle avait moins de valeur. Tous les artistes ne sont pas passés par des écoles d’art. Leur travail vaut-il moins? Et ces trois parcours, ne met pas le travail de l’artiste, de son inspiration en avant mais plus son statut économique. Peut-on vivre de son art? Est-on un vrai artiste d’un contemporain que si on est connu? que l’on est invité à une Biennale? L’approche sociologique est certes originales mais qu’est-ce que cela apporte de plus? Difficile d’en voir vraiment l’intérêt. Faut-il alors lire « Le paradigme de l’art contemporain : Structures d’une révolution artistique »? Rien d’originale n’en sort et on n’apprend rien au final. Même les personnages qui sortent de l’école, qui sont sympas, leur parcours restent trop léger et gentillet. On aurait aussi apprécié quelques définitions pour mieux en discuter. L’album refermé, la déception est là. On a rien appris et on aurait de la critique, de la matière à faire réfléchir. Dommage.

On aurait aimé avoir des nuances et de la matière pour interroger l’artiste contemporain. Qu’est-ce que c’est au final? Peut-on vraiment le définir si facilement ? Et qu’est-ce que cela dit de l’art contemporain? C’est plus lié au réseau qu’au travail de l’artiste?

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