Le quotidien pour Nipsou n’est pas tout rose. Depuis que son père est parti à l’étranger, sa mère boit. Une peur commence à la toucher.

4e de couverture
Enfance brisée. Finlande, dans les années 1990. Le quotidien à la maison n’est pas facile pour Nipsou. Depuis que son père est parti vivre à l’étranger, elle retrouve souvent sa mère assoupie sur le canapé en rentrant de l’école. Avec le temps, la situation ne s’améliore pas. Sa mère sombre dans l’alcoolisme et ce n’est plus les goûters d’école qu’elle oublie mais tout simplement de nourrir sa fille. Nipsou est laissé sans défense dans un monde où les adultes se montrent tout aussi incapables de la protéger. Victime d’harcèlement scolaire, Nipsou trouve un sanctuaire dans sa chambre mais à l’arrivée de l’adolescence même son refuge personnel ne lui offre plus de protection, elle se retrouve dans une maison livrée à elle-même. Après la colère, le désarroi, la honte et les expériences à risques, Nipsou trouvera, au seuil de l’âge adulte, la force de se construire un avenir loin de son environnement familial toxique.

Mon avis
L’alcoolisme est un mal qui touche beaucoup de personnes dans le monde. Malheureusement, le sujet reste tabou et favorise la violence envers les individus eux-mêmes, des inconnus et intra-familiale. La consommation d’alcool possède un revers économique assez important en France par exemple. On prône un slogan et la police fait des contrôles anti-alcoolémie. Mais que fait-elle vraiment en prévention? Que propose t’elle quand des hommes saouls frappent, violent, humilient leurs conjointes ainsi que leurs enfants? On regarde la valeur du PIB? Kimmo Lust a décidé de retranscrire un quotidien d’un enfant avec un père absent et surtout une mère alcoolique. Parfois absente et quand elle est présente, elle n’est pas en état d’écouter, de parler et de réconforter. Nipsou doit se débrouiller seule et ce n’est pas facile. En grandissant, elle doit trouver des subterfuges pour se réconforter. Heureusement que quelques peluches lui tiennent compagnie. L’univers graphique est assez horrible et malaisant. Donc, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de textes. Surtout quand on voit des corps qui se décompose comme si la mort les affectait. Ce n’est pas très beau à voir. Et il y a des petits traits un peu partout dans cet univers sombre et on dirait qu’il y a des mouches volées, comme toujours proche d’un cadavre. Les couleurs ternes contribuent à l’inconfort qui reste page après page. Au final, la gamine devient une grande adolescente maman. Que doit-il rester à la fin de cette bd? L’alcool détruit des gens et des familles. Il existe d’autres messages dedans comme le harcèlement scolaire, la diffusion de drogue, la prostitution, le prosélytisme religieux… La bédéaste voudrait transmettre un message : « Si mon livre encourage ne serait-ce qu’une seule personne à aider un enfant ou un jeune dans le besoin, j’aurai atteint mon objectif. Aucun conflit, aucune honte, aucune querelle de parenté ou d’amitié n’est digne de primer sur le bien-être de l’enfant. ». Glénat aurait pu mettre en fin d’album des chiffres en France avec des numéros pour aider les personnes aussi bien victimes des alcooliques ou alcooliques. Dénoncer c’est bien et utile toutefois proposer des pistes pour aider, cela aurait un plus non négligeable. D’autant plus que l’album s’adresse à un public adulte.

Une lecture qui dénonce les ravages de l’alcool et de la violence qui détruit bien des gens.

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