Touiller le miso – Florent Chavouet

Que diriez-vous de partir un moment au Japon? Peut-être pour y découvrir des haikus ou déguster du sake? Florent Chavouet connaît les bonnes adresses et nous y emmène.

Le Japon et Florent Chavouet, c’est une histoire d’amour. Alors quand on l’invite, il ne refuse pas. « Je suis parti au Japon pour boire du sake. C’est du moins l’invitation que j’ai reçue et que j’ai acceptée. Ino San, dont j’ignore toujours le métier, m’a proposé de découvrir les « kaku uchi », terme que je le soupçonnais d’avoir inventé mais qui désigne familièrement des petits commerces où l’on vend et boit de l’alcool, surtout du sake, surtout local, surtout debout. » Une jolie proposition qui est bien difficile à refuser. Il va en profiter pour écrire des haikus, boire, manger, prendre des photos, dessiner et passer de très bons moments. Le lecteur n’est pas oublié puisque le dessinateur va nous emmener à s’émerveiller d’une autre culture avec sa singularité et sa générosité. Vous découvrirez des quartiers, des spécialités culinaires, des jardins, des animaux et pleins de petits riens qui font tout. Les pages se tournent comme un carnet de voyage où l’on s’émerge dans un ailleurs surprenant, rassurant et intimiste à la fois.

Quand on découvre une bd de Florence Chavouet, on sait que l’on ne va pas lire quelque chose de classique. Vous le savez d’autant plus si vous avez déjà ouvert les pages de Tokyo Sanpo ou Manabe Shima. On met de côté les cases et un récit linéaire. Mettez ce que vous croyez savoir sur le 9éme art sous le tapis. Lui, il se fait plaisir et expose son talent d’artiste à chaque page. On peut avoir juste une page sur une bouilloire, sur un paysage ou la vue d’un hublot. Il reproduit avec beaucoup de précision et de beauté les plats qu’il savoure, l’originalité des logos, l’ambiance dans un bar… Il nous emmène avec lui et partage ces découvertes avec un enthousiasme presque enfantin. On aime prendre son temps à tourner les pages, à rêver d’un là-bas où on n’ira pas, à apprendre des petites choses sur des secrets de fabrication ou de mot en japonais. L’ordinaire prend un autre aspect et nous donne le sourire. Les pages se tournent comme des respirations où l’on fait le plein d’ailleurs. Une sensation d’autant plus nécessaire en période de pandémie où l’on ne voyage plus. En plus les éditions Picquier ont fait un bel ouvrage qui permet en ouvrant le livre de voir le collage des pages qui fait penser à un livre japonais traditionnel. De même, la qualité du papier est au rendez-vous pour un véritable confort de lecture et de mettre en avant le travail d’un artiste talentueux, curieux et généreux. Aucun doute, vous passerez un bon moment.

Envie de dépaysement? Envie de voyager simplement en restant chez vous? Allez « Touiller le miso » et vous serez comblé.


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