Apprendre à maîtriser son destin – Mémoire vive – Makyo, Riccardo la Bella et Massimiliano Leomacs

Et si la solution a toutes nos interrogations était en nous? Lila va suivre doucement son chemin intérieur grâce à la respiration. Va t’elle pouvoir dépasser son blocage d’écriture?

Installé confortablement dans son canapé, Adrien regarde l’écran captivé. Il regarde sa femme qu’il aime tant, peut-être trop. Ces deux enfants en bas-âge réveillés par le bruit viennent le voir. Sur l’écran ils voient une femme, Lorenzo demande : « La.. La dame, c’est… c’est maman ? ». Le père ne prend pas la peine de répondre et les reconduit dans leurs chambres. La jalousie le gagne de plus en plus. Il ne tolère pas que sa femme puisse être mannequin et entourée d’hommes. Elle est là lui et rien qu’à lui. Même si le détective privé lui dit que sa femme est fidèle, il ne veut rien entendre. Alors un jour, il enferme sa femme enceinte dans la chambre. « Parce que je ne veux plus que tu partes… toutes ces photos… avec tous ces mecs autour de toi ! Tu es trop naïve ! » Plus personne ne pourra la voir à part lui.

20 ans, on retrouve les deux enfants. Ils ont grandi sans leur mère et sous la coupe d’un père cruel et autoritaire. Il n’a jamais vraiment su donner de l’affection, juste de la colère. Lorenzo est accro aux jeux et dès qu’il a un problème de trésorerie il appel son père ou sa soeur. Une fois encore il a déconné et demande à sa soeur d’aller voir quelqu’un qui a flashé sur elle. A contrecoeur, elle y va et gagne une brûlure au coup. Mais un jour, en aidant une grand-mère qui s’est évanouie dans la rue, on lui donne un numéro de téléphone qui peut résoudre tous ces problèmes. Avec hésitation, elle appelle et tout s’arrange. Comment? Pourquoi? Et si ce n’était pas le plus important. Un nouveau conseil lui indique de trouver les réponses en elle pour connaître la vérité sur son passé. « Et n’oubliez pas ceci : toutes les difficultés que vous considérez comme extérieures, ce champ de bataille dans lequel vous vous désespérez parfois, tout ça est d’abord en vous, exclusivement ». Exercices de respiration après exercices de respiration, des flashs lui reviennent à l’esprit avec beaucoup de fatigue. Un moment de tranquillité va lui permettre de poser des mots pour son prochain roman. Toutes les réponses vont petit à petit se dévoiler et créer un net bouleversement.

Parler de la mémoire qui compose notre individu est un sujet assez sensible à traiter. Le philosophe Denis Marquet aborde très bien ce sujet en conclusion de la bande dessinée. Il part de son histoire personnelle pour inciter à une réflexion plus globale de ce que nous nous souvenons. « Car toute notre vie tient peut-être dans l’éternité de l’instant présent ». Et si nos cellules connaissaient plus de chose qui peuvent dépasser notre conscience? Une thématique assez moderne dans nos sociétés occidentales et déjà abordé par exemple dans certaines cultures indiennes.  Qu’en est-il vraiment? A vous de vous faire une idée et de pousser la réflexion. Pourquoi un choix aussi audacieux de la part de Glénat? Ce dernier lance une collection autour du développement personnel qui se nomme « Les nouvelles routes du soi », un nom au combien adapté. Le choix de l’histoire s’adapte très bien car on suite une jeune femme tourmentée. Avant d’arrivée à elle, on découvre sa jeunesse, son père puis son frère. Tout le contexte est posé ce qui nous permet de nous interroger sur le traumatisme de Lila qui lui créé un blocage. L’échange avec une inconnue la guide vers une autre façon de penser. Pour entrer plus profondément en soi, il faut se libérer l’esprit par des exercices de respirations comme on peut en faire dans le yoga. C’est avec le temps qu’une paix intérieur libère des blocages protecteurs pour aller de l’avant. Il faut faire face à la violence et à la haine. Makyo arrive très bien à construire l’histoire pour arriver au point de chute. Il trouve le juste équilibre afin de titiller la curiosité du lecteur. Riccardo la Bella et Massimiliano Leomacs construisent de leur côté de façon très maligne l’histoire. On découvre une structure classique en cases marquées, avec des dessins précis, noirs et des jeux de couleurs en bichromie (sépia et gris) selon les périodes du récit. Une touche ingénieuse pour mieux guider et toucher le lecteur.

Une façon originale de parler de prendre conscience de soi.

2 réflexions sur “Apprendre à maîtriser son destin – Mémoire vive – Makyo, Riccardo la Bella et Massimiliano Leomacs

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