
Quand une jeune fille demande son aide, Philippine ne peut rester sans rien faire. D’autant plus quand des scélérats rackettent une innocente famille qui ne porteront jamais plainte. Va falloir agir, vite et bien pour que cela ne se reproduise jamais.
Une jeune fille suit Philippine depuis quelques temps. Alors elle la coince dans un recoin pour faire le point. Qu’est-ce qu’elle lui veut ? Des hommes rackettent Swong à la sortie de l’école et elle voudrait être aidé pour que cela s’arrête. Philippine doit réfléchir avant d’accepter la mission. Une petite immersion dans la baignoire à l’appartement, qu’elle partage avec sa mère sourde, devrait lui donner des idées. Et c’est bien le cas car elle sait quoi faire dès à présent. Grâce au kador de la cité, Mok, elle va avoir des informations sur les malfaiteurs. L’aide de tonton Gégé va être nécessaire pour pénétrer incognito dans la boutique des crapules. Elle découvre que la demoiselle lui avait menti sur le véritable racket qu’elle subit. Ce n’est pas elle qui est concerné mais sa famille qui possède un restaurant chinois. Qu’importe, aucune injustice ne mérite de rester impunie. Alors elle met en place une stratégie pour que soit puni les frères Mulher devant la justice. Il faut prouver le flagrant délit et rien de tel qu’une vidéo les montrant réclamer de l’argent et avouer l’agression du père de Swong. Grâce à ces muscles, Mok va faire un joli paquet des agresseurs pour dépôt devant la police. Maintenant, l’histoire peut bien se terminer car les gentils ont gagné, en tout bien tout honneur.

Qui a dit que le polar était d’un réservé aux adultes et sous format roman ? Dominique Zay en a décidé tout autrement et propose une série autour de Philippine Lomar, une collégienne de 13 ans et demi, détective privée. Elle vit seule avec sa mère sourde et muette. Son père est décédé lorsqu’elle était petite. Elle parle la langue des signes, fait de la boxe et adore résoudre des mystères. Rapidement, elle a su faire son réseau pour l’aider dans toutes les situations complexes dans lesquelles elle se met. Sa sociabilité lui permet d’avoir un cercle de connaissance assez grand et hétéroclite qui lui vient en aide au bon moment. Elle les rémunère avec des choses précieuses comme des places pour voir un match de rugby. Sa bienveillant et drôle ne peut qu’inciter à l’apprécier et à s’attacher à elle. Même si la capture des criminels semble un peu idyllique avec un dépôt devant la police et une vidéo pour permettre une condamnation de criminels. On se doute bien que ce n’est pas aussi facile. Cela souligne aussi que la police n’est pas capable de trouver des coupables et sert juste à punir, pas à aider.
L’histoire reste bien ficelée pour une bd pour adolescent.e. Greg Blondin joue avec la structure de la bande dessinée en y insérant un peu d’originalité dans la mise en page. Les cases ne sont pas forcément délimitées avec une bordure noire, les images peuvent respirer et même se superposer. Les dessins sont très lisibles et assez gros. On veut faciliter l’immersion et la compréhension aussi bien à travers les images que le texte. Il insère aussi des discrets clins d’oeil à la culture populaire comme cette infirmière qui ressemble à Mlle Jeanne dans Gaston Lagaffe. Ils montrent aussi la diversité comme dans la vraie vie avec des personnes non-blanches et même une représentation de la cité. Même le handicap est présent et montré positivement, ce qui est rare. Par contre, on ne passe pas à côté de quelques clichés pour aller plus vite dans l’histoire. C’est dommage car pas utile, d’autant plus quand on est une démarche de visibilité réelle. Les couleurs de Dawid restent assez classiques et apporte une légère touche pop sans trop s’éloigner de l’esprit polar, un poil sombre. Un premier tome qui donne envie de retrouver une héroïne qui va avoir de nouvelles investigations à faire.
Un premier tome original qui donne le ton d’une série à suivre.

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