Violette Nozière, Vilaine chérie – Camille Benyamina et Eddy Simon

L’amour peut conduire les gens à faire n’importe quoi. Violette Nozière qui a fait les gros titres des journaux en sait quelque chose. La rédemption est-elle possible pour elle ?

Violette est une jeune adolescente comme les autres. Elle adore sortir, mentir à ses parents et à l’occasion leur voler un peu d’argent. Son physique lui permet de passer pour une femme plus âgée qu’elle ne l’est véritablement. Elle prétend avoir des parents avec une bonne position sociale et fortunés. Au final, ils sont simples ouvriers et cela n’a rien d’honteux. Mais cette argument permettait aux hommes de mieux la considérer et acceptait sans souci de la mettre dans leur lit. Cette vie dissolue lui a fait gagner une syphilis. Merci Pierre pour ce cadeau empoisonné. Par chance, elle arrive à se soigner. Toutefois, cela ne change en rien son comportement. Du moins jusqu’à sa rencontre avec un homme. « Jean est un amant magnifique ! Il est intelligent, attentionné… Je crois que nous allons nous marier ! ». Pour lui elle est prête à tout d’ailleurs elle va faire un acte cruel. Comme ses parents ont mis beaucoup d’argent de côté pour sa dote. Un moyen de récupérer cette somme rapidement est d’en hériter. Malheureusement pour elle, sa mère ne va pas mourir et va tout raconter. Après quelques jours de fuite, Violette sera arrêté et jugé. La condamnation est sans appel : la peine de mort. Toutefois, l’appel lui donna une peine plus douce : 45 ans de prison. Mais la guerre arrive et change la donne. Elle fera pénitence dans un couvent dont elle ressortira peu de temps après son incarcération. « 28 août 1945, Violette Nozière est libérée, elle peut enfin commencer une nouvelle vie dans l’anonymat et la simplicité ».

« Guillotinera-t-on Violette Nozière ? » titre « Police Magazine » le 28 octobre 1934. Le jugement aux assises de la Seine de la jeune adolescente de 19 ans fait couler beaucoup d’encre. Sous ce jolie minois se cache une demoiselle qui est accusé d’avoir empoissonné ses parents. Sa mère en réchappe mystérieusement. La fille tente de se justifier en disant qu’elle voulait juste se venger d’un père incestueux. « Le monstre en jupon » inspire les journalistes car elle représente la famille de Mme Tout le monde. La société est-elle en perdition ? En tout cas sa mère demande l’indulgence. Elle sera graciée, la veille de Noël 1934, par la président de la République, Albert Lebrun. Le maréchal Pétain commue sa peine à 12 ans de réclusion en août 1942. Elle sortira plus tôt que prévu et ne prononcera pas ces vœux. C’est une autre vie plus calme et responsable qui va s’offrir à elle. Une histoire assez célèbre pour les passionnées de faits divers impliquant des femmes. D’ailleurs, se sont eux qui se vendaient le mieux pour conforter la mentalité misogyne de l’époque. Et fait assez rare, Violette Nozière est le seul cas dans le droit français qui a été réhabilitée malgré qu’elle a été condamnée à la peine de mort. Eddy Simon a fait le bon choix de sujet et il a su très bien l’exploité. Il ne tombe jamais ni dans l’excès et le voyeurisme gratuit. Il traduit assez bien les turpides des émotions adolescentes. Le travail avec Camille Benyamina se trouve en parfaite adéquation. Son dessin est d’une grande beauté et d’une grande précision. On le voit dès la couverture avec le regard déterminé de cette femme en devenir. De plus, les couleurs assez sombres et pourtant assez lumineuses permettent de place l’histoire dans le passé d’un coup d’œil. Un choix brillant et précis qu’il est très appréciable de regarder en prenant son temps.

Un travail en duo très complémentaire plaisant aussi bien sur le font que la forme. Bravo.

L’avis de Moka : « L’univers graphique de Camille Benyamina force sans conteste l’admiration. Quel trait, quelles couleurs… L’alliance sublime des contraires, la fusion de l’ombre et de la lumière, des illustrations qui disent les corps comme j’aime les voir, dans leur finesse, dans leur volupté. La chair n’a rien de triste, les visages les plus doux cachent de sombres secrets, des rumeurs indicibles, des mensonges éhontés qu’un prénom révèle  au monde si l’on veut bien lever le voile sur les secrets dissimulés. »

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