Asta – Jon Kalman Stefansson

Le froid de l’Islande donne naissance à des histoires fortes. Les températures extrêmes forgent les caractères dans la souffrance avec quelques instants de bonheur. Asta sera-t-elle l’exception?

Lorsqu’on regarde la couverture, quelque chose de mystérieux en émane. Une nature imposante qui recouvre tout de sa force créatrice, sur laquelle est couchée une femme blonde dans une robe rouge. Etrange photo de Nikki Bidgood qui doit bien retranscrire un sentiment de lecture puisque Folio a fait ce choix. Puis l’étrangeté se poursuit avec la page du titre qui n’est pas juste ce prénom féminin. On y lit : « Où se réfugier quand aucun chemin ne mène hors du monde ? ». Voilà de quoi épaissir les interrogations qui s’accumulent dans notre esprit. Et le roman débute, c’est le narrateur qui parle et ce n’est pas Asta. La structuration surprend car sur la première page, il y a juste en italique : « Les pages qui suivent » pour en savoir le reste, il faut tourner la page. Et on lit cette phrase un peu déconcertante : « Mais comment raconter l’histoire d’une personne sans présenter l’univers qui la voit naître, sans évoquer cette atmosphère, cet air du temps qui retient le ciel – et surtout, en a-t-on le droit ? ». Là, on sait que l’on va lire quelque chose d’assez singulier.

Les pages se suivent et ne se ressemblent pas. Une impression d’être dans la tête de quelqu’un qui passe d’une histoire à l’autre s’impose. « Il est impossible de raconter une histoire sans s’égarer, sans emprunter des chemins incertains, sans avancer, sans reculer, non seulement une fois, mais au moins trois – car nous vivons en même temps à toutes les époques ». La vie n’est pas un simple récit linéaire, d’autres choses viennent la perturber régulièrement. Les gens se rencontrent, se perdent de vie, s’aiment, se détestent, se blessent…

Une succession d’évènements prennent le fil du quotidien avec différents personnages. Une façon d’écrire et de raconte qui à la fois provoque un sentiment de répulsion et de curiosité. Malgré un côté un peu ennuyant, on a envie de savoir, de comprendre et de voir le lien qui se construire entre les gens et les évènements. « Mais il y a si peu de choses qui ne soient pas des erreurs ici-bas. Au contraire, les vérités du cœur ne font pas toujours bon ménage avec celles du monde. C’est cela qui rend la vie incompréhensible. C’est notre douleur. Notre tragédie. La force qui fait notre lumière. » On poursuit notre aventure de lecture en suivant les blessures, la tristesse, la souffrance des êtres qui sombre tous les uns après les autres. Quelques rayons de bien-être parfois percent les épais nuages pleins d’alcool et de mélancolie. Des moments rares dont on cultive la beauté dans sa mémoire.

Une lecture étonnante qui s’accommode à merveille avec la grisaille hivernale.

5 réflexions sur “Asta – Jon Kalman Stefansson

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