Atelier d’écriture n°275

Pour ce nouveau atelier, Leiloona nous propose une image en noir et blanc de Romarix Cazeau. Mais que peut vous inspirer cette scène avec un échange entre ces deux personnes âgées. 

Ça m’a fait bizarre de tomber sur cette photo. Robert était une figure mythique du village à l’époque. Il ne sortait jamais de chez lui. Il ouvrait sa porte, prenait une chaise et s’asseyait dessus et discutait avec les passants. Etant enfants, nous étions tous intrigués par ce vieux toujours gentils et souriants. Souvent, on allait chez lui car nous il nous donnait des bonbons et des gâteaux. Il avait toujours des histoires à nous raconter. Et puis lorsque nous étions triste ou en colère, on savait que nous pouvions tout lui raconter. Sa porte était toujours ouverte pour nous. Il nous faisait un chocolat chaud. Il prenait la casserole qu’il remplissait de lait. Puis il le versait dans ces grands bols en verre marron. Après on touillait la poudre avec le lait. Après on buvait et cela nous faisait une moustache. C’était drôle. Il était pour certains le grand-père qu’il n’avait pas eu ou qu’il rêvait d’avoir. C’était une figure du village ce Robert. Les parents étaient rassurés de nous savoir chez lui.

Le temps a un peu passé et je suis rentré au collège. J’avais moins de temps libre pour me balader en vélo avec les copains. Mais je me souviens de ce samedi en particulier. Les gendarmes étaient venus à grands renforts de gyrophares. On se demandait ce qu’il se passait. On ne les voyait jamais les gendarmes dans le coin à part pour les excès de vitesse. Ils sont rentrés chez Robert. Ils ont retournés toutes ces affaires. Puis on a entendu des cris. Les gendarmes demandaient à Robert de sortir dans le calme. Puis d’un coup, nous avons entendu une détonation. Que c’était-il passé ? Tous le village était là, le visage interrogateur. Les forces de l’ordre ne disaient rien. Le temps semblait s’être arrêté net. Mais que voulait-il à notre grand-père d’adoption ?

Une voiture de coroner est arrivée. Les adultes ont tout de suite compris. Des demandes d’information commençaient à être réclamées par les habitants. La tension montait progressivement. Là nous avons tous vu une housse mortuaire assez large. Nous avions compris. C’est Robert qui était dedans. Je me demandais comment il allait faire pour respirer. Parfois, le cerveau ne veut pas comprendre la réalité. Les gendarmes ont mis un périmètre mais nous restions là. Nous voulions savoir. Ce n’est que quelques jours plus tard que la vérité nous a été révélée dans le journal local. Robert n’était pas son vrai prénom. Il était recherché par la police. Son vice : les petits enfants avec une préférence pour les petites filles. Monsieur était un pédophile. Et ici, les enfants venaient à lui. Personne ne sait si des enfants d’ici ont été sa victime. Je pense que oui mais il a des tabous que beaucoup préfèrent taire. Cette photo doit être une des dernières choses qui doit rester de lui avec la coupure presse. Depuis, sa maison est restée inoccupée. Les nouveaux arrivants ne sont jamais bien accueillis. On ne sait jamais. La douceur de vivre n’est pas revenue dans le village. Une certaine peur et méfiance s’était installée. 

5 réflexions sur “Atelier d’écriture n°275

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