Visite guidée Jean de Gonet

expo_jean_de_gonet_relieur_gd.jpg.gif

Direction la BNF pour l’exposition Jean de Gonet, relieur pour une visite guidée avec un guide passionné et passionnant.

Voir une exposition sur un relieur, français de surcroit peu en refroidir plus d’un. D’ailleurs, quand j’ai vu l’affiche puis le titre, j’avoue que je n’avais pas prévu d’y aller. Mais lorsque j’ai faîtes la visite insolite de la BNF, nous sommes passés dans l’exposition, et le guide m’a parlé avec tellement de passion des livres reliés que j’ai été conquise. En plus, c’est lui qui faisait la visite, je n’ai pas résisté.

Pas grand monde pour la visite guidée, une personne de la bnf et un vieux monsieur arrivé avec 45 minutes de retard. Jean de Gonet est une relieur d’art très créatif. Il innove dans le mélange de matériel, dans le touché et dans le confort de lecture. Il propose une certaine rupture où le livre se rapproche d’une oeuvre d’art. Les livres ne sont plus dans les bibliothèques, ils sont exposés, protégés, chouchoutés. Certains, d’ailleurs dorment avec leur livre tellement que le support devient affectif.

Il réinvente la reliure en s’inspirant du classicisme avec coin renforcé, clous sous le livre et utilise surtout de nouveaux matériaux qu’il mélange. Ici se côtoie avec naturel et simplicité, l’ébène, le galuchat, la peau de crapaud, le poil de poulain, la glotte de dinde, du papier japonais, le kevlar… A cela s’ajoute la texture, frappée, gravée, gaufrée, lise, striée. J’aurais aimé les toucher ces livres qui convoitait mon sens du toucher en plus de celui de la vue.

Beaucoup de ces exemplaires étaient présenté, il a réalisé 1 600 livres sur 30 ans. Bien entendu, ces livres n’appartiennent pas à monsieur, madame, tous le monde. Certains livres montent à plus de 20 000€. L’histoire que j’ai trouvé assez drôle, c’est que M. J’ai de l’argent, contact Jean de Gonet pour lui donner un livre. Ce dernier lui prend, ne veut aucune exigence concernant la forme et ne lui rendra qu’avec la facture. Le prix dépend du client. Pas de devis avant, juste une facture après.

Ce que j’ai apprécié, le petit plus, était la rencontre avec l’artiste par hasard. Il attendait une journaliste. Pour faire fuir les secondes qui défilaient, il regardait le petit film qui lui est consacré. Il commentait les images à haute voie « Là, c’est chez moi, ma maison dans le Sud », « là c’est ma bibliothèque Jack London ». Alors, j’en ai profité de discuter avec lui, d’échanger quelques mots. Il s’aime beaucoup et il est arrivé à faire son réseau car c’est ainsi que l’on doit faire pour réussir me dit-il. Un vrai personnage haut en couleur avec un petit grain de folie. A un moment, une jeune femme un peu intimidé vient voir l’homme et lui demande une dédicace. La voie hésitante, le sourire jusqu’aux oreilles et les yeux pétillants, elle lui donne son nom pour qui lui signe son livre. En quelques mots, elle lui avoue l’amour de son travail. C’était une très belle rencontre hasardeuse qui m’a touché et à donner une touche particulière à cette exposition. Comme quoi, juste une petite chose donne naissance à un beau moment qui rend l’exposition particulière.

Vous avez jusqu’au 21 juillet pour découvrir cet artisanat d’art dans la galerie François Ier.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s