
Les capitalistes, les néo-libérales et les gens d’extrêmes droites sont une vraie source d’inspiration. Surtout pour ceux qui apprécie faire de la parodie et du détournement. tienstiens s’autorise tout pour tourner au ridicule et se moquer.
4e de couverture
Tienstiens publie depuis presque 2 ans des strips désopilants sur Instagram, avec un succès certain.
Récemment, il s’est rendu compte que les likes, s’ils nourrissaient son âme, ne lui apportaient aucune des 2500 calories journalières que son corps requiert pour fonctionner.
Il a donc fait appel à Bandes Détournées, dans l’objectif de sortir son premier vrai livre. En tant qu’éditeurs de gauche, nous n’avons pas hésité une seconde.
De cette belle rencontre est né « Koko n’aime pas le capitalisme et autres histoires », un livre compilant des strips déjà publiés et des inédits jamais vus sur internet ni minitel !
Vous y trouverez, pêle-mêle :
✓ Des textes intelligents et drôles avec de la vraie critique à l’intérieur
✓ Des dessins réalisés avec de véritables crayons de couleurs
✓ Dark Vador, Mad Max, Harry Potter et Sigmund Freud
✗ La vraie recette des gougères à l’emmental
Mon avis
La couverture a quelque chose d’assez intrigante. Entre le titre : « Koko n’aime pas le capitalisme et autres histoires » et l’image avec des nuages rouges et noir, des personnages avec des drapeaux rouges et surtout un gorille. Le lien entre les deux n’est pas évident. Une certitude par contre, cela dans quoi on va se plonger ne sera pas très conformiste. Dès la première page, nous voilà en contact avec Koko qui est une gorille qui a appris la langue des signes en 1967 par la docteure Francine Patterson. En effet, elle sait dire des choses comme manger, aimer et aussi 1 000 mots. Donc, aussi grève générale expropriatrice qui est plus porteuse de sens. D’autant plus quand on sait de quoi on va nous parler par la suite. Le capitalisme, les politiques, le président, les spires du président, des partisans de l’extrême droite et d’autres réjouissances sont au menu de l’aventure de lecture. tienstiens nous propose des gags sous différentes formes, plus ou moins drôles, percutantes ou dérangeantes. Surprendre est de mise sur autant sur les échanges entre personnages, les réflexions personnelles que les situations. Il possède son style graphique à la fois innocent et précis à la fois. Il utilise le crayonné permettant aussi de faire du décalage qu’en partie sérieux. Même si au final, on ne rit pas de bon coeur, on sourit et on note quelques bons mots qui donnent à réfléchir à par exemple au monde de l’entreprise comme « Bravo à tout l’équipe et merci au vide affectif qui vous pousse dans ce surinvestissement professionnel!! » (p. 72) ou « Soyez septique mais apprenez à écouter ». (p. 102). On se moque aussi de l’écologie et par exemple, il y a plusieurs blagues autour de question à choix multiples comme « Pour adopter une écomobilité :
A. j’achète un véhicule neuf doté d’une meilleure étiquette énergie,
B. je sors de mon SUV
C. je crève les quatre pneus
D. je prends le bus en prenant soin de valider mon titre de transport » (p. 73).
Idéal pour être dérouté et changer aussi d’une lecture classique qui oublie que l’on peut se permettre toutes les folies. On peut dire, se moquer, faire de la dérision, tourner en ridicule car c’est parfait pour dénoncer l’absurdité de la réalité de la société et des politiques.
Une lecture qui montre la force et la diversité du 9e art avec un engagement politique très marqué. Les politiques sont très inspirants dans la réalisation d’humour et de dérision.
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