Soeur Sourire – Qui a tué la voix de Dieu ? – Arte

En 1962, une jeune femme belge surprend avec une chanson. Ceux d’une autre génération ont tous entendu « Dominique, nique, nique s’en allait tout simplement »… Qui se cachait derrière ce titre au sous-entendu loin d’être innocent?

Ed Sullivan vient en France pour rencontrer la fameuse Soeur Sourire. Nom trouvé la maison de disques Philips et qu’elle déteste. L’artiste a vendu pendant une période plus de disques que les Beatles et même qu’Elvis Presley. Mais qu’est-ce qui peut expliquer un tel succès pour des chansons religieuses? Sa voix douce, ses mélodies simples à retenir, des textes accessibles… Le contexte a aidé beaucoup avec le retour de la folk aux Etats-Unis, la guerre du Vietnam, Kennedy a été assassiné… Il y avait une envie de légèreté et joie. Vatican 2 a dit qu’il fallait faire plus jeune pour attirer un nouveau public. Les religieux chantants fleurissent un peu partout. Ses chansons tombent à pique et donne une image positive du couvent, des nonnes. Cette notoriété pour elle est une façon de diffuser l’amour de Dieu. La boîte de production et l’église catholique l’ont transformé en un objet marketing. Même Hollywood avait décidé de lui consacrer une comédie musicale qu’elle qualifiera de « petit navet ». Progressivement, la vie au couvent devient difficile surtout avec la rigueur de soeur supérieure. Elle censurait les textes qui ne parlaient pas de choses joyeuses comme la dépression. Et au bout de 2 ans, elle en a marre de la vie communautaire, de ses règles… L’été 66, elle quitte le lieu pour revenir à une vie séculaire et continue à chanter. Elle chantera « on a tué soeur sourire ». Dehors, cette jeune femme retrouve une amie avec qui elle vit. Ses textes deviennent plus engagés comme « La pilule d’or » avec la contraception. Toutefois, ce changement de position lui a fait perdre son public et par conséquent son contrat avec la maison de disque qui lui a même interdit d’utiliser le nom de soeur sourire comme Les Monkeys. Il fallut plusieurs années pour retrouver son nom seulement il était trop tard. Et aussi nous sommes à la charnière d’une nouvelle époque avec l’arrivée du rock. Le folk disparaît progressivement. Professionnellement, les gens qui l’entourent la conseille assez mal et financièrement c’est pareil.

En prenant de l’âge, elle sombre dans la toxicomanie et l’alcool. Et le fisc belge lui réclame des impayés depuis qu’elle a quitté le couvent de Fichermont, près de Waterloo. Le souci est que c’est le couvent qui garde les bénéfices et pas elle. La vie d’artiste lui manque surtout que la précarité devient plus grandissante. Les dettes s’accumulent. La dépression grignote de plus en plus l’esprit. « Nous sommes finis, nous n’avons plus d’idéaux seulement Dieu. Mais cela ne suffit pas ». Cela confirme un choix pour mettre fin à son tourment et à son manque d’amour : le suicide. Avec son amie, elles mettent fin à leur vie le 29 mars 1985 et partagent une tombe. Seule sa musique lui survivra.

Une histoire très tragique d’une religieuse devenue une icône du désastre.

Lien vers le reportage : https://www.arte.tv/fr/videos/101396-000-A/soeur-sourire-qui-a-tue-la-voix-de-dieu/

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