Seidou – En quête d’asile – Xavier Bétaucourt et Virgine Vidal

Quand on fuit ces racines, c’est rarement de gaité de cœur. Seidou va prendre un chemin pour connaître la liberté. Mais la France sera-t-elle sa terre d’asile ?

A la préfecture du Nord, en juin 2018, à 8h00 l’avocate va défendre son client. Il est présent malgré les recommandations qu’on lui a faites. « J’ai une bonne nouvelle. Votre demande a été acceptée. » Il a 21 jours pour faire sa demande d’asile politique maintenant. Que de chemin qu’il a fait pour en arriver là. Il a quitté sa terre, sa famille, ses amis, sa culture pour espérer vivre mieux en France, pays des libertés. Que d’embûches pour vivre en sécurité. A chaque étape pour quitter sa ville, il fallait sortir de l’argent encore et encore. La corruption a bon train partout. Ce n’était pas différent chez lui. Lui qui voulait un changement politique et permettre à chaque citoyen de s’exprimer librement. Très vite, il s’est rendu compte que le pouvoir en place ne partageait pas son opinion. Ainsi tout opposant à l’ordre établie se faisant sévèrement réprimé. Les morts et les blessés se comptent par milliers. Puis sur le chemin on l’exploite aussi. « L’esclavage n’est pas fini ».  Il risque sa vie en restant maintenant qu’il est identifié comme opposant au régime. Seidou ne veut pas fuir, il veut vivre et protéger ceux qu’ils aiment.

L’immigration reste un sujet d’actualité malgré la pandémie. Sujet de prédilection pour les extrêmes qui prennent ces migrants responsables de la misère de la France et des extrémismes. Il est toujours plus facile de trouver un bouc émissaire que d’essayer de comprendre et d’explicité la complexité d’une situation multifactorielle. « Il y en a qui nous traitent de voleurs, d’envahisseurs… comme si on était à l’origine de tout ce qui se passe de mauvais ici ». Peut-être faudrait-il dans un premier temps comprendre le pourquoi du choix de partir ? Et puis écouter les témoignages sur ces chemins remplis de souffrance, de haine et de violence. C’est ce que proposent Xavier Bétaucourt et Virgine Vidal à travers le témoignage de Seidou. Ils choisissent de ne pas faire un récit larmoyant pour nous apitoyer. Cela ne sert à rien et n’est pas constructif. Ils parlent de fait, de comportement, d’évènement à travers un regard d’un homme de volonté. Et cela est valable aussi bien pour le traitement graphique que scénaristique. Virgine Vidal joue avec beaucoup de délicatesse sur les teintes pour que l’on puisse voir les nuances dans le temps. Mais aussi certaines teintes mettent l’accent sur cette brutalité humaine devenue trop banale sur les routes de la fuite. On est aux côtés du notre jeune migrant qui doit inlassablement lutter d’une part pour fuir sa terre natale et d’autre part pour rester sur le territoire français. Procédure après procédure, où il faut inlassablement des papiers, raconter son transit… et éviter de se faire prendre par la police. Les élus qui peuvent rester sont rares et la plupart sont renvoyés dans leur pays d’accueil en Europe. Des états qui fuient les responsabilités en jouant la carte de la misère en espérant que les problèmes partent d’eux-mêmes. On ne ressort pas indemne de cette lecture qui nous interroge sur les valeurs de notre pays et les nôtres.

Et si un parcours de migrant nous était compté? Venez rencontrer Seidou

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