A la rencontre des auteurs sur Arte

Comme les bus sont moins remplis le matin, je peux partir plus tard. Et ainsi, chaque matin avant d’aller au bureau, je peux prendre le temps de regarder un documentaire sur des auteurs. Quel plaisir de découvrir la femme ou l’homme derrière un livre qu’importe l’époque.

Colette célèbre avec les aventures de Claudine et de son Chéri est une femme rebelle et libéré avant l’heure. Elle ne s’est jamais cachée d’aimer autant les hommes que les femmes, avoir eu des amants et des maîtresses même en étant mariée et mère. Elle a même osé montrer son corps nu sur les scènes parisiennes jusqu’à embrasser une femme travestie qui a provoqué le scandale dans la haute société qui aimait les scandales. A 47 ans, elle a une aventure avec son beau-fils pendant plusieurs années et l’a éveillé à tout type de plaisir. Mais sa compagne l’écriture ne l’a jamais quitté jusqu’à ces derniers jours.
Colette, l’insoumise  


Margaret Atwood a toujours voulu être une bonne auteure. Par chance, sa plume a du mordant et petit à petit, elle fait sa place. A chaque nouvelle publication, de plus en plus de lecteurs et surtout de lectrices. Elle atteint un véritable succès international en 1985 avec son roman, « La servante écarlate » d’autant plus quand il est adapté en série. Sa plume lui a permis une reconnaissance internationale alors elle donne sa voie pour des causes comme le droit des femmes. Un très intéressant reportage qui donne envie de lire ou relire cette auteure talentueuse.

De la force des mots


Toni Morrison a donné une voix à la mémoire de l’esclavage aux Etats-Unis avec « Beloved ». « Au début, je ne voulais tout simplement pas y aller, résume Toni Morrison dans un entretien d’archive. C’était trop douloureux. Et puis j’ai pensé que si eux l’avaient vécu, je pouvais passer quelques années à l’écrire. » Elle a gagné un prix Nobel de la littérature. En 2019, elle meurt mais jamais son oeuvre ne sera oubliée. Grâce à la force de son comportement et de ses mots, elle a su emporté les lecteurs vers les ténèbres de l’intolérance, de l’injustice, de la haine. Les violences racistes sont en trame de fond. On aurait aimé que cela soit juste une fiction toutefois c’était bien rarement le cas. Et l’actualité montre que cela perdure encore de nos jours. Quand on donnait la parole à cette femme de conviction, elle disait, elle dénonçait avec force et brio. Un document touchant qui vous donnera envie de vous replonger dans ces romans.

Toni Morrison et les fantômes de l’Amérique


George Orwell versus Aldous Huxley. Lequel des deux à le premier à avoir écrit le plus réel des romans d’anticipation? Comment ont-ils pu imaginer les dérives de nos sociétés avec les faits alternatifs, les fake news, l’ultra-surveillance…?
« Quand Le meilleur des mondes annonce une aliénation consentie au travers d’une civilisation hédoniste, consumériste et eugéniste dans une Londres futuriste, 1984 dénonce la surveillance systématisée d’un régime totalitaire, sous l’œil terrifiant − et faussement rassurant − de « Big Brother ». Si George Orwell a lu avec passion le roman de son aîné, l’ancien combattant du POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste) en Catalogne pendant la guerre d’Espagne a été marqué par la violence et la propagande des fascismes en Europe comme du stalinisme en URSS. Issu d’une famille nantie de scientifiques et frère d’un biologiste eugéniste, Huxley, à son tour, jugera le livre d’Orwell « profondément important« , mais ne partagera pas sa vision de l’avenir, qui ne peut, selon lui, se réduire à « une botte dans un visage« . L’un redoute une dictature scientiste qui, en s’appuyant sur les biotechnologies, asservirait des individus programmés, quand l’autre imagine un État bureaucratique et répressif qui confisquerait la liberté de penser et la mémoire.  »
Impossible de ne pas avoir envie de relire ces deux romans pour les lire autrement, avec un autre regard. 

George Orwell/Aldous Huxley – « 1984 » ou « Le meilleur des mondes »


Le nom de Salman Rushdie vous évoque forcément quelque chose. C’est l’auteur du livre des « Versets sataniques ». Sa publication aurait pu passer inaperçue comme des milliers d’autres. Mais il a évoqué l’islam ce qui a déplu à l’ayatollah Khomeyni, homme politique iranien intégriste fanatique. Il a condamné à mort par une fatwa l’écrivain, l’année de la sortie de la fiction en 1988 qu’il décrète. Pendant plus de 10 ans, Salman Rushdie a du vivre reclus sous protection policière l’obligeant à avoir changé 56 fois de domicile. L’auteur commente cette longue période faites de peur et aussi de morts de traducteurs de l’oeuvres, d’éditeur. La fatwa est maintenant levée après quelques négociations.
Un documentaire qui fait froid dans le dos.

 

Salman Rushdie, la mort au trousse


« Partout où l’homme désespère, le livre Les misérables frappe à la porte et dit : ‘Ouvrez-moi, je viens pour vous !' », écrivait Victor Hugo. Livre somme, roman d’un peuple, œuvre repère universelle, ce monument de la littérature de quelque 1 500 pages, incontournable dans les programmes scolaires, autant adapté sur scène qu’au cinéma, retrace l’épopée rédemptrice du forçat Jean Valjean, devenu porte-voix de tous les damnés de la terre. Vouée aux gémonies à sa parution en 1862 − « un livre immonde et inepte !« , tranchera Baudelaire –, fustigée pour son sentimentalisme, l’œuvre, qui menace l’ordre établi, affole les puissants et donne de l’espoir aux opprimés, en exaltant les barricades : « Parfois, insurrection, c’est résurrection ! » Mais sa genèse au long cours (plus de quinze ans de chantier) recouvre aussi la conversion, douloureuse et totale, du conservateur Victor Hugo, pair de France assis sur une gloire précoce, aux idéaux de progrès social. Car l’écrivain député, qui consignait déjà dans Choses vues des scènes de la misère ordinaire, de la maltraitance des femmes et des enfants à la pauvreté des classes laborieuses, doit bientôt s’exiler dans les îles anglo-normandes à la suite du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Une période de purgatoire où, entre contemplation, peinture et séances de spiritisme, Hugo l’humaniste doute avant d’exhumer, en 1859, son manuscrit inachevé du fond d’une malle pour l’emmener, dans un souffle puissant, jusqu’aux sommets. »

« Les misérables » et Victor Hugo


Un jour, on deviendra vieux. Pas forcément. Oscar Wilde a trouvé la méthode pour rester jeune indéfiniment. C’est pour cela qu’il a donné vie à un certain Dorian Gray. Une oeuvre mémorable qui a inspiré beaucoup d’auteurs, de compositeurs, d’artistes et même encore de nos jours. Mais on oublie un peu la vie de cet écrivain qui a osé évoquer l’homosexualité et qui la pratiquait. Voilà un sujet interdit par la loi ce qui lui vaut de la prison et un mépris de ces paires et un rejet de sa famille.

« Porté par une bande-son rock et mêlant habilement archives et compositions numériques, le documentaire pénètre au cœur de ce roman visionnaire, reflet de l’auteur qui y insuffla son âme et son esprit au travers d’aphorismes provocateurs à l’ironie mordante. Au fil d’analyses critiques, d’éclairages passionnés d’écrivains, dont la très éprise Amélie Nothomb, ou du témoignage de Merlin Holland, son petit-fils, le film retrace le destin brillant et tragique d’Oscar Wilde, qui avait anticipé sa déchéance à travers celle de son héros, et montre combien son œuvre, entre légèreté et profondeur, résonne de fulgurante justesse. »

Dorian Gray, un portrait d’Oscar Wilde


« Soixante-dix ans après la parution d’ »Un barrage contre le Pacifique », et alors que le passé colonial de la France suscite toujours des débats houleux, ce documentaire propose une relecture éclairante du chef-d’œuvre subversif de Marguerite Duras

En 1950, le prix Goncourt échappe à Marguerite Duras, en lice avec Un barrage contre le Pacifique. Si l’écrivaine décèle dans ce revers la sanction de son engagement communiste, le propos même de ce grand roman, trop subversif et antipatriotique pour l’époque, a certainement suffi à refroidir le jury. Alors que la population française adhère encore massivement aux valeurs du colonialisme, ce récit inspiré de sa jeunesse miséreuse en Indochine, qui fit pour l’auteure office de « psychanalyse« , résonne comme une charge violente contre un système prédateur, pornographe, raciste et brutal. À travers la ruine de sa mère, flouée par l’administration coloniale, qui lui a vendu une concession incultivable, Marguerite Duras dépeint le quotidien dans « la perle de l’empire », à rebours des discours officiels vantant l’œuvre civilisatrice de la France. Si le livre, inévitablement, charrie les préjugés dans lesquels la romancière a baigné, présentant ainsi les « indigènes » comme une masse indistincte, il n’en montre pas moins l’envers de la carte postale, entre travailleurs réduits à l’esclavage et femmes sexuellement exploitées, « dans ce bordel colossal qu’était la colonie« .

Vampirisme
Soixante-dix ans après sa parution, ce documentaire propose une plongée saisissante dans l’œuvre de Marguerite Duras. Au fil de lectures d’extraits, d’interviews de la romancière, d’archives inédites de l’Indochine des années 1930 et d’éclairages de spécialistes (la politologue Françoise Vergès et l’anthropologue Ann-Laura Stoler en tête), le film décrypte les rouages du « grand vampirisme colonial » – en particulier, l’appropriation des corps indigènes –, explore les ambiguïtés de Duras face à cette histoire, et interroge les traces laissées par ce passé dans les imaginaires. »

Pornotropic – Marguerite Duras et l’illusion coloniale

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