L’entreprise responsable et vivante – Donner du sens au travail avec la RSE – Louise Browaeys

RSE, développement durable, écologie… sont des termes qui ont le vent en poupe ces derniers temps. Mais est-ce juste un effet de communication ? Est-ce que cela ne peut pas être un moteur du changement ?

Louise Browaeys est consultante, facilitatrice et formatrice dans les domaines de l’agriculture biologique, la communication non violente, la RSE et permaculture. Quoi de plus normal de faire un livre à destination du grand public sur ces sujets rassemblés ? Elle partage son expérience dans le secteur pour montrer que le changement d’entreprise c’est possible. Comment ? Il n’y a pas un mode d’emploi prêt à l’emploi valable pour tout et pour tous. Chaque structure est différente avec sa propre culture d’entreprise. Alors elle y va progressivement avec tout d’abord une présentation de la RSE et de ses principes. Et quand on les prend au sens le plus large, on a envie d’y croire. Mais pour beaucoup vont apparaître des mots grossiers, des choses impensables. Il faut de la transparence, de l’honnêteté, de la communication et on osera le dire aussi, de la bienveillance. En plus, pour les entreprises pyramidales, majoritaire en France, il faut penser à un management transversal. Cela voudrait dire que celui que l’on nomme manager, une personne qui n’est pas là pour surveiller les salariés mais pour les accompagner ? Et il faudrait les considérer, les prend en compte, échanger, de partager…? Pire encore, les impliquer dans la réflexion du changement ? On ne va pas parler de l’obligation de respecter la loi, en finir avec le harcèlement moral, sexiste ou sexuel, les arrêts longue durée, le turn over…. Informations secrètes qui ne méritent jamais de remise en cause de comportement ou d’erreurs de recrutement.

Une entreprise qui fait une démarche RSE a plus de chance d’attirer de bons éléments. L’implication dans l’écologie est un sujet attractif pour les jeunes actifs qui veulent donner plus de sens à leur travail. L’auteure vente les mérites d’une implication réelle et sincère des responsables et dirigeants. C’est pour cela qu’elle consacre tout un chapitre à la gouvernance. Quand les généralités sont abordées, il faut montrer que ces choix ont des retours positifs sur la rentabilité et le bien-être au travail. Rien de tel que des exemples d’entreprises et d’entrepreneurs qui ont réussi. C’est possible dans un peu près tous les secteurs professionnels. Ceux qui témoignent sont majoritairement issu de PME qui est la structure d’entreprise la plus répondue en France. Entre initiatives et témoignages, vous aurez un grand panel du champ des possibles. Même si avoir un peu plus d’information sur la mise en place aurait été intéressante. Le but est de montrer que c’est possible que l’on fasse des meubles en bois où que l’on vende des couches pour bébé. Dommage que le livre ne donne pas d’URL ou QRCode pour approfondir les illustrations.

A la fin du livre que nous en reste-t-il ? Pour ceux qui n’ont jamais entendu parlé de la RSE, c’est une excellente présentation, synthétique et complète. Toutefois, les freins restent peu évoqués comme les initiatives d’entreprises qui penchent plutôt du greenwashing, la peur de la confiance dans les salariés, les labels qui font beaux… Le tableau reste globalement positif.

La partie HSE est mise de côté, cela tombe assez bien c’est le pilier le moins valorisé, mis bien souvent sous le tapis. Parler des arrêts maladies, des salaires, de l’égalité homme-femme, de la formation, de la prévention… restent encore un domaine très tabou. Et en plus, la thématique est très complexe et très réglementée. Cela demanderait de rentrer dans des considérations sur les types d’organisation qui existent, le nombre de salariés, les entités représentatives dans l’entreprise et en dehors…. Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à vous pencher sur des ouvrages de William Dab ou son blog.

Mais si un dirigeant décide de faire le choix d’une démarche sincère dans la RSE c’est possible. Seul le manque de volonté sincère freine toutes les initiatives.

2 réflexions sur “L’entreprise responsable et vivante – Donner du sens au travail avec la RSE – Louise Browaeys

  1. On part toujours sur des entreprises pyramidales, en effet, comme à l’armée, ce qui fait tout foirer, et je trouve aussi qu’à l’ère des super communications, on n’a jamais aussi peu communiqué…

    Problème est que peu de gens veulent changer (dans les décideurs, les dirigeants), qui préfèrent rester avec ce genre de hiérarchie parce qu’ils se trouvent au-dessus de l’arbre. Nous, en bas, on ne voit que des trous de culs (et on rigole). On gagnerait plus à écouter qu’à faire taire et des tas d’entreprises tournent super avec d’autres méthodes où ils sont plus à l’écoute des désirs des gens et des gens heureux en entreprise sont des gens qui bossent bien et sont moins en maladie.

    • Le changement ça fait peur. Et surtout sur la peur de perdre du pouvoir. C’est le risque si tu veux passer à un management transversal. Il faut aussi faire confiance. Et là, cela devient difficile. Il y a un risque tellement grand. Et si les gens venaient à avoir des idées, à faire des propositions que pourrait-il se passer?
      Le mépris cela se cultive. Qu’importe si d’autres font autrement qu’elles sont plus performantes et donnent envie d’y bosser. On ne veut pas recopier ce qu’il y a de mieux. C’est impossible car cela demanderait de remettre trop de chose en cause. Le big boss de ma boîte aime dire que l’entreprise est une grande famille. Sa famille est drôlement dysfonctionnelle.

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