Il était une bergère – Yves Deloison et Stéphanie Maubé

Quand on pense à changer de vie, ce n’est pas forcément vers éleveur que l’on pense. Mais Stéphanie Maubé a eu un véritable coup de coeur et a décidé de quitter Paris pour la Normandie. Que diriez-vous de suivre son parcours?

Nous sommes à une période où de plus en plus de gens cherchent un emploi qui a du sens. Les reconversions professionnelles deviennent de plus en plus nombreuses. Certains se tournent vers des métiers plus créatifs et d’autres vers la terre. C’est le cas de Stéphanie Maubé qui quitte ses emplois précaires sur Paris pour aller à la campagne. Elle découvre les brebis en allant travailler bénévolement dans une ferme. Le propriétaire parle d’un projet de transmission de son site. Une idée qui commence à la faire rêver. Puis un jour, elle a le déclic quand la Normandie lui manque trop. Elle décide de s’en aller et de commencer une nouvelle vie. Un chemin plein d’obstacles l’attend. L’homme qui devait lui transmettre son cheptel pour prendre en retraite ne le fait pas. Alors il faut partir à 0, faire une formation, développer un grand sens de la relativité pour arriver à son objectif. L’accueil des locaux est loin d’être chaleureuse car les néoruraux sont mals vus et d’autant plus quand on est une femme.

Vol d’animaux, libération des animaux sur la voie publique, plaintes sans fondements… les problèmes créent par les voisins ne manquent pas. Qu’importe, elle résiste et impose sa volonté de bien faire. Elle arrive même à combiner sa vie d’éleveuse de brebis et de maman. Une force de la nature prête à relever les défis qui s’imposent à elle. Chaque jour à son lot de surprises bonnes ou mauvais qu’importe, elle avance. Gagner de quoi vivre avec ces 100 brebis est bien difficile. Pas le choix de varier ces activités comme l’accueil de touriste pour leur faire découvrir le fonctionnement de sa ferme et aussi la fabrication de laine avec les animaux locaux. Quel avenir pour son métier d’éleveur et ceux qui veulent une agriculture plus respectueuse de la nature et de l’homme? Elle entame cette réflexion avec le journaliste Yves Deloison pendant une année.

Ils échangent, il l’accompagne dans son quotidien d’éleveuse et vont également échanger avec un ancien ministre, une spécialiste de la relation entre l’homme et l’animal… Le modèle de la petite exploitation a t’il un avenir quand les lois favorisent les exploitations industrielles? Le consommateur est-il vraiment le levier qui peut changer la donne? Qu’elles sont les acteurs qui peuvent participer aux changements? Les petits agriculteurs peuvent-ils se réunir en coopérative et faire la différence? Ensemble, ils tentent de donner des réponses pour essayer d’imaginer le futur. Pour l’instant, il n’est pas très glorieux mais on ne sait jamais ce qu’il peut se passer. En tout cas, en lisant ce livre qui se dévore, on se pose des questions, on change notre regard d’urbain sur une campagne qui semble lointaine et qui n’est pas toujours comme sur les vidéos de L214. On souhaite à cette jeune éleveuse de garder cette croyance dans son métier, dans une filière et aussi dans le consommateur. Une certitude, on va manger autrement en essayant de soutenir des gens de convictions qui ont des valeurs autre qu’un profit à outrance au mépris du respect des terres et des animaux.

Que diriez-vous de voir autrement l’élevage à taille humaine?

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