Morales espiègles – Michel Serres

Que diriez-vous de partager le temps d’une lecture un regard sur le monde de la part d’un célèbre philosophe ? Michel Serre se remémore son passé et interroge le futur. Avec bonne humeur, il partage ses « Morales espiègles ».

Michel Serres débute ce petit recueil en expliquant pourquoi il l’a écrit : « Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d’écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j’y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds. On disait jadis de l’Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l’art, qu’il corrigeait les mœurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises. Parvenus ensemble à l’âge espiègle, j’en profite pour leur dire de l’humain en pouffant de rire. »

Un petit ouvrage qui s’apprécie surtout lorsqu’on sait que c’est le dernier livre de Michel Serres avant son décès. On retrouve sa vivacité et ces traits d’esprit qui l’on fait apprécié de tous. Même sa passion était la philosophie, il ne regardait pas les autres avant prétention et fierté. Il souriait à la vie pour transmettre sa passion et sa joie de vivre. Sa réflexion sur le monde ne s’est jamais arrêtée. D’ailleurs, cela lui a permis de se faire connaître auprès du grand public avec sa Petite Doucette et Grand-Papa Ronchon. Deux générations qui confrontent leur point de vue avec d’un côté « C’était mieux avant » et de l’autre « c’est différent maintenant. Après avoir évoqué son côté espiègle lorsqu’il était jeune, sa prise de conscience dans la notion de lynchage, on retrouve nos deux personnages. Il parle littérature et aussi du virtuel, de la place qu’il prend dans les vies. M. Serres n’a jamais été un fervent utilisateur du numérique, alors il devait se retrouver assez dans Grand-Papa Ronchon. Qu’importe, en quelques mots, il insuffle un vent de bienveillance, d’humour et d’interrogations. J’ai aimé le moment où il questionne le sens et l’action du don. Car de ce mot à l’apparence si simple deux termes partagent son origine : dommage et pardonner. Des sens à l’opposé et pourtant, d’une façon complémentaire indissociable, dans l’idée. Et dans cette période assez trouble, ce mot a une place particulière et cela mérite de se demander ce que cela représente pour nous et de ce que l’on peut attendre ou pas de cette action. Les réponses sont propres à chacun.

Un livre testament qui montre l’humilité d’un homme qui croyait dans le bon de l’humain.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s