Le coq et le renard – Alexandre Jardin et Fred Multier

Il n’est pas toujours facile d’accepter de perdre et bien souvent, on veut se venger. Mais est-ce une si bonne idée ? Ne faut-il pas mieux d’accepter de ne pas être tout le temps le meilleur ?

A l’école, on trouve « des grenouilles farceuses, une autruche rigolote, des lapins… » et à la récréation tout le monde s’amuse ensemble. Un jeu remporte un grand succès auprès de tous les élèves : les billes. Mais malheureusement, le coq « gagnait à tous les coups : dans la cour, dans la rue devant l’école et même en classe sous les tables ». Et ça exaspérait le renard qui n’arrivait jamais à le battre. A force qu’il dise qu’il va être le meilleur et qu’il va vaincre le coq, ces camarades ont commencé à se moquer de lui. Piquer dans son égo, il décide alors de se venger. Il va lui voler son dessert. Pour cela, il met en place un stratagème : amadouer l’ennemi, attirer son attention ailleurs et lui prendre sa tartelette alléchante. Seulement voilà, ce n’est pas au coq que l’on va apprendre à faire le malin. Il a vu clair dans le jeu du renard et va à son tour le prendre à son jeu. A l’invitation des chiens-loups des CM2, le renard faisait moins le fier. « Enchanté de sa ruse, le coq déclara à la grenouille, au lapin et à l’autruche : « Mes amis, c’est un double plaisir de tromper le trompeur ! ».

Alexandre Jardin cultive une passion secrète pour les fables de La Fontaine. Alors quand on lui a proposé d’insuffler une nouvelle vie à ces histoires à destination des enfants, il n’a pu qu’accepter. Le langage du 18ème siècle n’est pas toujours facile à comprendre surtout pour les plus jeunes en omettant de parler des repères historiques. L’auteur qui a un grand pouvoir d’imagination place cette aventure dans un environnement que la plupart des bambins connaissent puisque c’est la cour d’école. Même si nous sommes rentrés dans l’air du numérique, le jeu de billes évoque forcément quelque chose et dans le doute les images parlent pour elles-mêmes. Quand on ne trouve pas le loup, on retrouve notre ami le renard bien souvent rusé. Mais ici, il n’est pas le plus malin, bien au contraire. A cause de sa fierté, il ne veut accepter qu’il ne soit pas le meilleur et veut alors se venger. Un comportement au combien égoïste et malveillant que l’on retrouve très souvent chez les enfants et trop d’adultes. Le renard avait une autre alternative que vouloir faire une entourloupe, il aurait pu s’entrainer, se lier d’amitié avec le coq et progresser ensemble, profiter plus du moment que de vouloir gagner et être le meilleur absolument. La moralité est qu’il a fait le malin et il a fini dans le ravin. Etre constructif et positif reste moteur de belles choses contrairement à voler, tricher et mentir. On a le droit de se tromper, de ne pas savoir et de ne pas être le meilleur. Fred Multier apporte une énergie bienveillante dans son graphisme. Quel plaisir de tourner les pages et d’admirer le tout avec ces couleurs douces. D’autant plus qu’il y a des jeux avec des énigmes ce qui donne un intérêt plus grand pour regarder les détails. D’ailleurs, il a fait un clin d’œil à un autre livre sur lequel il a travaillé dans la même collection « Le lièvre et la tortue ».

Une adorable lecture que vous aimerez partagé avec votre enfant et qui vous permettra peut-être d’aborder certains sujets comme être mauvais perdant.

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