Tous musclés – Gonflette générale

Je ne voue pas un culte à l’hypertrophie des muscles. Mais autour de nous impossible de ne pas voir des gens qui adulent leurs corps telle une religion. Qu’est-ce qui nous pousse les gens à se muscler et pourquoi les considérer comme la référence de la beauté ?

Arte propose un petit documentaire très intéressant qui se nomme « Tous musclés ». Impossible de rester indifférent face à un tel titre. Je ne compte plus les salles de sport qui ouvrent autour de chez moi, ces personnes qui exhibent leurs muscles comme un César de la réussite sociale, les marques de vêtement qui créent des habits adaptés entre confort et valorisation sculpturale et le mal-être des pratiquants qui ne se trouvent jamais assez parfaits. Mais comment la société est-elle passée à un tel extrême dans la valorisation du corps ?

Présentation du reportage
Body building » : construire son corps. L’idée a plus d’un siècle, mais elle faisait encore ricaner il y a 40 ans, quand Conan et Rambo bombaient leurs pectoraux. Fini de rire : le bodybuilder et la « fit girl » sont les nouveaux ambassadeurs de l’époque. Et le muscle a fini d’être un organe pour devenir un modèle social.

Qui sont les intervenants?
Jean-Jacques Courtine – Anthropologue
Guillaume Vallet – Economiste
Johann Chapoutout – Historien
Fabien Gaffez – Directeur des programmes du Forum des images
Nicolas Chemla – Auteur de « Monsieur Amérique »
Camille Paglia – Auteur, professeure d’art
Enzo Foukra – Bodybuilder et coach
Julia Föry – Bodybuildeuse professionnelle
Joe Bouraïma – Préparateur physique
Bionic Body – Bodybuilder professionnel
Johann Chapoutot – Historien
Chris « Psycho » Lewis – Coach
Rodrigues Chesnier – Bodybuilder professionnel
Sébastien Valdenaire – Bodybuilder
Jim Arrington – Bodybuilder de 86 ans

Qu’apprenons-nous? 
Avant les gens bodybuildés se trouvaient dans les foires aux côtés de la femme à barbe et de l’homme nain. L’Hercule disproportionné s’est transformé en une norme sociale. Comment est-on d’un phénomène de foire est-il devenu un idéal à atteindre ? Difficile de nos jours de montrer un corps sans au moins « une aura musculaire » selon Jean-Jacques Courtine, anthropologue. Cela a débuté avec une phase historique capitaliste qui valorise la construction de soi qui perdure encore de nos jours. Les expressions « les plus fort s’impose », « il faut être le meilleur » en sont l’illustration. En parallèle d’autres expressions font écho à la de la révolution industrielle avec dur comme fer, muscle en acier, muscle en béton, vouloir devenir machine/métal. Ce n’est plus seulement le cinéma hollywoodien et la publicité qui véhicule une image de la beauté idéale. Le culte du corps se sublime avec les réseaux sociaux via Facebook, Twitter, Instagram…

L’entreprenariat de soi va être valorisé comme le fameux slogan que vous connaissez tous « manger bouger ». A chacun de s’entreprendre et de faire attention à soi. On nous demande produire ce corps qui fait naître une logique obsessionnel. Le but est de supprimer les défauts du corps qui ne peut être parfait. Alors que les muscles qui sont fabriqués sont juste pour l’apparat. Ils ne servent pas à courir, pousser, se battre… Cela sert à se montrer ce qu’est un(e) VRAI(E) homme ou femme ou ce qu’il pourrait être. Un pseudo idéal du beau plus ou moins hérité de l’Antiquité Grec, à croire que le beau est le « reflet du bien et du bon ». « Une approche raisonnée et rationnelle du beau » propose Nicolas Chemla, auteur de « Monsieur Amérique ». Ce n’est pas parce que c’est une vérité dans la sculpture que c’est la réalité. Est-au final un reflet narcissique ? Montrer que cela a demandé beaucoup de travail pour une perfection visible qui mérite admiration. Peut-être que ce n’est pas que narcissique car cette esthétique ne durera qu’un temps et que d’autres paraîtront toujours mieux, plus jeune, plus dynamique, plus impliqué…

Cette activité s’affirme comme une volonté de reconstruire le masculin, l’idéal physique et moral. On le trouve dans les magazines masculins ou le cinéma. En plus, cela donne l’impression d’être une armure impressionnante et imposante. Pourtant, ces hommes passent leur temps à se regarder dans le miroir, à aller chez l’esthéticienne, les concours de beauté en petit slip… Bref, un entretien qui pourtant penche de l’idée du féminin. On est bien loin du viril, on se rapproche même du Eugène Sando, premier bodybuilder de l’art moderne. « C’est un peu la première une pin-up masculin » précise Nicolas Chemla. Le corps devient un objet. Alors cela devient la construction d’un corps d’un nouvel ordre. Un corps musclé donne une impression de performance donc plus respecté dans le cadre du travail. Un corps projet, ressource que l’on peut transformer soit même pour valoriser en capital. Le sens n’a plus de sens misons sur nous. Nous sommes le résultat de ce que nous faisons. La forme de dépassement absolue. Plus c’est gros, mieux c’est. Ils repoussent les limites.

Le muscle n’est-il pas le symbole de la réussite sociale? Rappelez-vous un peu la propagande communiste et sous le IIIème Reich. Je ferme la parenthèse. Certains politiques n’hésitent pas à montrer leur sportivité pour illustrer leur réussite. En effet, le plus célèbre outre Atlantique est Schwarzenegger, culturiste devenu acteur puis gouverneur. On trouve aussi de l’autre côté du monde, Vladimir Poutine qui n’hésite pas à se faire filmer pendant ces exercices. La France n’est pas en reste. Vous souvenez-vous d’un ancien président français qui se faisait filmer pendant sa course du matin? Vous avez deviné : Nicolas Sarkozy. D’autres l’ont fait avant lui comme Bernard Tapi ou Dominique de Villepin.

Le corps devient le spectacle du réel avec un corps plus spectaculaire et ce depuis les années 20. Dans les années 40/50, on célèbre un super mâle américain avec une grande série de péplum, des séries comme Chewenne… Même un nouveau métier apparaît avec les préparateurs physique comme le plus connu d’entre eux et l’un des premiers : Vince Gironda (1917 – 1997). Se sont les films et clips muscle beach, pop, cartoonesques qui valorisent les corps. Ils débutent après la crise des années 30 avec entre autre l’accès à la plage, un lieu de spectacle. Dans les années 80, on constate un gros boom avec des blockbusters avec hommes musclées. Les acteurs doivent endurer de nouveaux corps qui n’a rien de normal. Le phénomène explose en 2000/2010 avec des mecs bodybuildés au maximum avec des films de super héros. Jusqu’où cela va aller?

Un document intéressant qui permet de mieux nous rapprocher du muscle hypertrophié. Promis je ne regarderais plus pareil les mecs bodybuildés.

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