Les tribulations d’une caissière – Anna Sam

Vous n’entendrez jamais un enfant vous dire : « Quand je serai grande, je serai caissière ». Pourquoi a-t’on un tel apriori négatif sur ce métier? Anna Sam va vous révéler l’envers du décor. 

 

 

 

De bien nombreuses caissières occupent ce métier le temps de leurs études pour mettre un peu de beurre dans les épinards. C’est le cas pour Anna Sam, le temps de finir son DEA de Lettres. Toutefois, une fois le diplôme en poche, impossible de trouver un emploi dans sa branche. Mais il faut quand même payer les factures alors elle accepte des emplois d’hôtesse de caisse dans différents magasins. On pourrait croire que le métier est d’une grande simplicité au quotidien. Cependant on est très loin du job idéal avec peu d’effort et gros salaire. Nous sommes plus proche de grand mépris et petit salaire. Etre caissière, c’est comme travailler à l’usine. Le temps de pose pour aller aux toilettes se fait sous autorisation et pendant un temps donné : le plus vite possible. Les clients s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Vous avez le droit à ceux qui râlent de ne plus avoir de sac, qu’il faut présenter une carte d’identité pour les paiements en chèque, qui parlent au téléphone comme si la caissière n’existait pas… On ne compte pas les gens qui ne disent ni bonjour, ni merci et ni au revoir. Un métier que beaucoup considère comme ingrat et qui par conséquent ne mérite même le rudiment de politesse. La direction du magasin n’est pas mieux bien souvent. Pas d’espace bien aménagé pour votre courte pause, pas le droit de dire non quand on vous demande de rester plus longtemps ou de venir un jour ou vous aviez un autre engagement. Vous ne devez pas tomber malade même si sur vos 400 clients quotidien minimum, la plupart vont vous tousser, éternuer à proximité surtout en hiver. Quoi, il n’y a pas de siège à votre poste, à vous de vous débrouiller. Bienvenu dans le monde où l’être humain est une marchandise comme les autres. 

La vision de la caissière a beaucoup changé pendant la pandémie. Soudainement, la caissière bien souvent mal considérée devient une héroïne. Elle devient une personne incontournable pour l’équilibre de la société. Dommage qu’il faut en arriver là pour accepter les gens et être polie qu’importe leur métier. Je répète assez souvent qu’il parler aux gens comme on voudrait que l’on nous parle. Cela changerait beaucoup le rapport entre les gens qu’importe leur niveau social. Anna Sam nous parle avec beaucoup d’humour et de dérision de la difficulté du boulot au quotidien. Au début, elle laissait sa plume raconter ces déboires sur son blog. Un journaliste a mis en avant ces tribulations ce qui lui a permis d’ouvrir à une opportunité dans une maison d’édition. Le livre a connu tout de suite un grand succès aussi bien auprès des hôtesses de caisse que de monsieur madame tout le monde. Enfin quelqu’un donnait la parole à ces personnes que nous croisons bien souvent. Elle annonce lors dune interview : « Je ne voulais pas faire la révolution, seulement que les gens disent bonjour aux caissières. Apparemment le livre a touché juste car je continue de recevoir des messages de caissières du monde entier qui s’y sont reconnues ». Plus jamais, elle n’est repassée derrière une caisse et a écrit deux autres livres. 

Un livre qui changera le regard de certains sur les caissières qui méritent le respect comme tout autre personne. 

 

 

 

 

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