Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi Adichie

« On ne naît pas femme : on le devient » écrit Simone de Beauvoir dans son livre « Le Deuxième Sexe ». Il faut prendre sa place dans la volonté d’égalité et de respect de nos congénères masculin. Cela serait peut plus simple de devenir féministe?

Chimamanda Ngozi Adichie est une femme nigérienne. Elle a été élevée comme bien d’autres filles de son pays. Pourtant en grandissant, elle prend conscience d’une chose. Les femmes n’ont pas le droit au même respect que les hommes. On élève une fille afin qu’elle puisse plaire à un homme pour faire un bon mariage. Elle doit être gentille, à son écoute et au service de son futur époux. La même chose n’est pas inculquée aux garçons. Les filles doivent toujours être dans la représentation. On apprend très vite qu’elles ont moins de valeur et d’importance qu’un homme. »Nous contrôlons nos filles. Nous portons aux nues leur virginité, mais nous ne portons pas aux nues celle des garçons. »

Allez seule à l’hôtel? Impossible sauf si c’est une prostituée. Rentrée dans une boîte de nuit seule? Ben non, elle est trop fragile pour y aller seule. Elles doivent attendre qu’un inconnu accepte de les accompagner. Au restaurant, le serveur salut toujours l’homme car on salut les personnes importantes. « Nous apprenons la honte à nos filles. Croise les jambes. Couvre-toi. Nous les persuadons qu’elles sont coupables simplement parce qu’elles sont de sexe féminin. » Pourquoi garder cette mentalité d’un autre temps à notre époque? « Nous sommes des êtres sociaux. Nous intériorisons les idées de notre environnement ».

Peu d’hommes voudraient se voir retirer ce pouvoir au combien profitable. Et puis, la pression sociale est tellement forte qu’il est bien difficile de changer des choses surtout que cela est renforcé par un pouvoir religieux monothéiste omniprésent et patriarcal. Pourtant que pourrait-il être sans la présence des femmes? « La culture ne crée pas les gens. Les gens créent la culture. S’il est vrai que l’humanité pleine et entière des femmes, nous pouvons et devons l’y introduire ». L’auteure tire le signal d’alarme avec un texte un peu modifié d’une conférence qu’elle a donné au TEDxEuston en 2012 sur le féminisme qui a reçu un accueil chaleureux.

Chimamanda-Ngozi-Adichie

La deuxième nouvelle se nomme « Le danger de l’histoire unique » date de 2009. « Je suis une raconteuse d’histoires. Et je voudrais vous en raconter quelques-unes, personnelles, sur ce que j’aime appeler « le danger de l’histoire unique ». Enfant, elle écrivait déjà des histoires, inspirées par les histoires anglaises et américaines qu’elle lisait. Mais les personnages étaient blanc, blond et aux yeux bleus. Ils échangeaient autour de la météo et buvaient de la ginger beer. Rien de ressemblant à son quotidien. « Il n’empêche que, grâce à des écrivains comme Chinua Achebe et Camara Laye, ma perception de la littérature s’est progressivement transformée ». Ces personnages parlaient de ce qu’elle connaissait comme des filles aux cheveux crépues et qui sont noires. Cette différence de point de vue culturelle, elle l’a ressentie quand elle venue faire ces études aux Etats-Unis pour ces 19 ans. « Dans cette histoire unique, il était impossible que des Africains soient semblables à elle en quoi que ce soit, impossible qu’existent des sentiments plus complexes que la pitié, impossible que s’établisse une relation entre humains égaux ». La construction d’une idée prend du temps et dépend d’une certaine volonté politique. « montrez un peuple comme une chose, une seule et unique, encore et toujours, et il devient cette chose ». Il ne faut pas toujours suivre et écouter la voix de son maître. Il faut aller au-delà pour comprendre la diversité et la richesse de chaque culture.  « Des histoires ont été déposséder et pour calomnier, mais des histoires peuvent servir à reprendre du pouvoir et à humaniser ». Alors il ne faut jamais hésiter à dépasser l’histoire unique que l’on peut lire ou entendre un peu partout. Un pays c’est comme une personne, elle ne résume pas en une phrase c’est un trésor à exploiter. A vous de trouver les trésors de chaque culture, à vous de chercher pour devenir un être plus libre et tolérant.

Deux nouvelles intéressantes, avec une première sur la notion de féminisme pour espérer une société plus égalitaire des droits et de traitement pour les femmes. Puis une seconde sur le fait que l’histoire unique est écrite par les vainqueurs qui bien veulent réduire la capacité de réflexion et de curiosité de ces citoyens. A chacun de vouloir dépasser ces frontières invisibles pour découvrir un monde plus complexe et enrichissant.

3 réflexions sur “Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi Adichie

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