Bagdad, la grande évasion! – Saad Z. Hossain

Vous en avez marre de votre chez vous? Que diriez-vous de changer d’atmosphère pour un monde plus explosif? Bagdad vous promet un moment de grande évasion.

Marre de l’air pollué de Paris ou de Marseille? Impossible de prendre les transports à cause des grèves? Il ne vous reste qu’une solution : aller rencontrer Saad Z. Hossain. Pas lui en personne mais son univers. Le gars vit à Dacca au Bangladesh. Ce journaliste de métier a écrit pour The Daily Star, New Age et Dhaka Tribune ce qui lui permet d’avoir un savoir faire dans le maniement des mots. Il sait comment maintenir l’attention du lecteur. Alors pourquoi ne pas écrire un roman? Et pourquoi ne pas mettre son histoire dans une ville improbable comme Bagdad en 2004? Sur place, il ne manque pas d’actions. Américains, chiites, sunnites… s’entretuent pour maintenir un semblant de pouvoir. Ce n’est pas loin de sexe, drogue et rockn’ roll. A part que l’on remplace le rock pour meurtres entre amis. On ne compte plus les morts notamment lorsque l’un d’entre eux meurt, un autre cri vengeance. Un cercle infini dont il est difficile de sortir. Et entre tout ça, des gens ordinaires qui essaient de survivre. On les surnomme les dommages collatéraux.

Parmi eux, deux gars ordinaires qui ont tout perdu : travail, famille, maison. Dagr et Kinza ont sous leur coupe un homme un ex-tortionnaire très recherchée, Hamid. Pour sauver sa peau, il propose à ces deux nouveaux amis de les emmener à Mossoul pour partager un trésor avec de l’or qui pourront se partager et retrouver un semblant de liberté. Aidés de leur ami soldat américain, dealer de drogue et d’armes à l’occasion, ils vont pouvoir fuir leur zone. Hoffmann va leur donner un coup de main assez important même dans les moments les plus inattendus. Il n’est pas aussi bête qu’il veut le faire croire. Bien entendu, leur voyage ne se passe pas tranquillement, les orteils en éventail. Morts violentes, perte de doigts, têtes mise à prix et on rajouter une couche avec la rencontre avec fameux druze  et cette montre mystérieuse. Qui est ce fameux Lion? Vont-ils se sortir de cette situation inextricable? Ils partaient de l’idée de mourrir en court de route. Est-ce vraiment leur seul choix? Surtout que les ennemis deviennent de plus en plus nombreux et sans pitié. Par chance, quand les hommes n’ont plus rien à perdre, ils n’ont plus aucune limite. Quand on les menace de tuer leur famille, leurs amis cela les fait bien rire car ils ont déjà été tous assassinés. Il faut juste tuer celui qui a professé cette intimidation.

Vous l’aurez compris, cela va être sanglant. Le contexte politique explique que certains comportements. La limite du bien et du mal est d’un autre temps puisque les règles ont changé. Tout est bon pour marchander quitter à tuer des gens. Alors après chacun essaie de survivre comme il peut. Les personnages principaux qui ont connu le bonheur survivent maintenant dans le malheur. Toutefois, cela ne les empêche pas d’avoir des discussions passionnantes sur la morale. L’auteur ajoute une touche d’humour qui rend la lecture très plaisante. Ironie et humour noire sont de la partie pour le plus grand plaisir du lecteur. On pourrait avoir l’appréhension de lire un roman de politique fiction mais ce n’est pas le cas. Même si beaucoup de références sont vraies, il prend quelques libertés qu’il explique à la fin du roman. Rien n’est laissé au hasard. La maîtrise du récit se montre précise et pétulante. Un vrai régal de lecture du début à la fin. Même si les cadavres s’accumulent de pages en pages, j’ai bien ri malgré tout. En plus, vous rajoutez des personnes en quête d’éternité, des sorcières, des djinns, des esprits… Sans oublier des scènes de combats assez explosives qui nous captivent du début jusqu’à la fin. Comment résister à tous ces éléments si savamment orchestrés. Je remercie alors sa famille qui n’ont pas cru au talent de Saad Z. Hossain car cela l’a poussé à écrire un premier roman palpitant. J’espère qu’il replongera sa plume dans son imaginaire débordant pour une nouvelle aventure aussi décalée et improbable.

Envie de rire avec un sujet encore trop d’actualité, venez dans le Bagdad imaginé de Saad Z. Hossain. Vous ne serez pas déçu de ce singulier voyage.

17 réflexions sur “Bagdad, la grande évasion! – Saad Z. Hossain

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