Boulevard des monstres – Frédéric Pham Chuong et Paul Jenkins 

N’ayez crainte de croiser un monstre sur le boulevard. Ils vivent tranquillement dans leur monde. Du moins jusqu’à ce que certains décident de prendre le pouvoir et la ça va saigner.

Scare City est la représentation idéale d’une ville ouverte et tolérante. Que l’on soit loup-garou, vampire, fantôme, extraterrestre, feu follet… ils peuvent vivre ensemble. Les anciennes guerres de clocher sont mises au placard pour le plus grand plaisir de chacun. Gina apprécie cette évolution très positive de la société qui veut cultiver le mieux vivre ensemble. D’ailleurs dans sa pâtisserie, ses spécialités concernent tous le monde. On trouve des fromages de cervelles, muffins à la morve, bave-à-roi, moelle au chocolat… Le monde se pousse au portillon pour déguster ces créations. Même si pour l’instant, elle ne gagne pas beaucoup d’argent avec son travail, il représente beaucoup. Les invendus, elle les donne à un vieux monstre, George, qui vit caché. Un véritable investissement qui parfois est un peu difficile pour une zombie sorcière. Mais bientôt cette tranquillité se trouve bousculer. La mort d’un vampire met le feu le poudre surtout que peu de temps après c’est un groupe de loup-garou qui disparaît suite à l’apparition d’une lumière mystérieuse. Les anciennes rivalités reviennent et les communautés se referment sur elle. Un vent de peur et d’injustice commence à souffler. Gina et ses amis ne peuvent rester indifférent à cela, il faut agir qu’importe ce qu’ils risquent. C’est le moment de choisir dans quel monde on veut vivre.

L’intelligence de cette bande dessinée repose sur le fait que l’on peut choisir ce que l’on veut voir dans ce récit. Soit juste une histoire de monstres et de cohabitation un peu difficile ou soit un vrai pamphlet critique sur notre société qui devient de plus en plus intolérante et manipulable. Il est rare en littérature même dans le 9ème art de mélanger tous les genres de monstres. On retrouve les classiques de l’univers néogothique avec les vampires, le fantôme, le loup-garou et le démon ainsi que d’autres plus modernes comme les extraterrestres ou les avocats. Une grande variété qui est à l’image de ce que nous pouvons trouver sur terre. Et quand un groupe de personnes influentes et riches a besoin de créer un besoin, il devient plus facile d’exacerber les idées reçues et les haines latentes. « Personne n’a demandé ça. Ni les guerres, ni les querelles. Personne n’a demandé d’être divisé en tribu. Les seuls qui se le demandent sont les menteurs et les traîtres et ceux qui ont peur de ne pas détenir assez de pouvoir ». Grâce à la volonté et à l’espoir d’un tout petit groupe dont Gina en tête, tout peut changer. En plus Gina est à la fois sorcière et zombie et elle est mariée à un vampire. Une belle image de mixité et de tolérance qui se dévoile assez rapidement aux lecteurs. Elle incarne ce monde nouveau qui peut devenir meilleur et aidé de différents monstres. Quel beau message à faire passer dans un monde qui se cloisonne de plus en plus en communauté un peu partout dans le monde. Dire non est à la portée de tous mais qui prendra son courage à deux mains pour le dire haut et fort?

Une parabole audacieuse qui ose parler d’un sujet social et politique sensible sous couvert de monstres.

2 réflexions sur “Boulevard des monstres – Frédéric Pham Chuong et Paul Jenkins 

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