La petite mosquée dans la cité – Solenne Jouanneau et Kim Consigny

La petite mosquée dans la cité va devoir fermer ces portes. Il faut trouver un nouvel endroit pour la communauté. Mais bien des obstacles apparaissent. Vont-ils trouver un lieu pour leur culte?

La petite mosquée de quartier a plus de succès que prévu. Petits à petits, les croyants sont venus de plus en plus nombreux. L’ouverture aux femmes, les cours en français et arabe, l’écoute favorisent la confiance. L’imam Mohamed part au Maroc, il faut trouver une personne pour le remplacer. C’est au fidèle de choisir la personne pour lui succéder. Moussa, sage et modèré est choisi. Ce choix n’est pas au goût de tous, car un autre jeune homme souhaitait le poste. Mais son inclination religieuse est bien différente. Il s’oriente vers une pratique plus rigoureuse et fermée. Ces oppositions refont surface quand on évoque le  changement de lieu pour la mosquée à cause des rénovations urbaines. D’autres problèmes font leur apparition. Le maire leur a trouvé un nouveau lieu mais les habitants s’y opposent avec leurs préjugés raciaux et idéologiques. Alors on les met plus loin dans la zone industrielle ce qui n’est pas pour plaire à tous. Un lieu qui va rester temporaire le temps de faire des économies pour acheter leur propre local.

On pourrait trouver cela surprenant de faire une bande dessinée sur la vie d’une mosquée de quartier. Mais cette démarche se fait dans le cadre d’une collection nommée Sociorama chez Casterman. C’est un partenariat entre un sociologue et un/e dessinatrice de bande dessinée. Pour cet ouvrage c’est la maître de Conférences à l’IEP (Sciences Po) de Strasbourg, Solenne Jouanneau qui a fait sa thèse de sociologie « Les imams en France : Réinvention et tentatives d’appropriations d’un magistère religieux en contexte migratoire » qui travaille avec Kim Consigny, jeune illustratrice, dessinatrice. Ensemble, elles créent une bande dessinée fictionnelle avec des éléments réels d’analyse. Une façon intelligente d’aborder des sujets parfois tabous ou plein d’aprioris. Lorsqu’on ne fait pas parti d’une communauté musulmane, il est parfois difficile de s’imaginer ou de comprendre le fonctionnement en interne. Cette bd permet de comprendre les choses de façon concrète. Par exemple, la communication et l’écoute de l’autre sont très importants, les femmes participent à des échanges de parole, se sont les fidèles qui choisissent les gens qui les orientent spirituellement, la présence de certains extrémiste, l’influence des pays arabes sur le culte musulman, la police contrôle les représentants, l’intolérance et la défiance de certains face à la religion musulmane, le jeu des politiques pour éviter de perdre des votes… Mais tout cela est présenté sans jugement, ni orientation. Ce qui n’empêche pas de faire un récit construit, sérieux avec une touche d’humour.

Une façon originale de traiter la sociologie et de la rendre accessible à tous.

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