Un dieu dans la poitrine – Philippe Krhajac

Phérial vient d’arriver dans un orphelinat un peu particulier : un établissement pour enfants en régression. Depuis son premier jour, il ne connaît que l’abandon et la maltraitance. Pourra t’il un jour sortir du cercle du malheur?

Il a 4 ans. Il ne comprend pas trop ce qui se passe. Une vieille dame le met dans une voiture et l’emmène dans un lieu qu’il ne connaît pas. C’est un orphelinat pour enfants qui connaissent quelques problèmes de socialisation. La première nuit ne se passe pas très bien. Mais rien d’étonnant car il découvre un espace qu’il doit partager avec d’autres enfants inconnus. Puis très vite, les autres deviennent des amis avec qui il s’amuse. En grandissant, Phérial Chpapjik va être placé dans des familles d’accueil. La première était aimante et il avait un frère avec qui il jouait. Puis la maladie de la mère a incité l’assistance publique à le mettre ailleurs. Puis de malchance en malchance, les parents accueillants vont abuser de lui, le maltraiter. Lorsqu’il a enfin 21 ans, peut-il espérer devenir un adulte stable? La bienveillance d’une assistante sociale, d’une psy et enfin l’amour d’une fille que rien n’arrête vont l’aider à rester quelqu’un de croix et de brave. Et heureusement que ces femmes ont été sur son chemin car cela lui permettra de prendre confiance en lui et d’aller vers des gens qui pourront changer sa vie. Telle cette gardienne d’immeuble qui va le guider vers un cousin à lui qui connaît sa mère. Une retrouvaille qui va permettre de mieux comprendre sa vie passée et mieux se connaître lui-même. Des révélations qui vont lui donner assez de confiance sur le plateau et de s’investir d’autant plus dans ses rôles au théâtre. Une façon de mettre en voix tous ces tourments. Les quelques réponses à ces tourments font de lui un nouvel homme qui regarde enfin vers l’avenir.

Philippe Krhajac pour son premier roman livre une histoire semi-autobiographique. Sortie en 2018 sous le titre « Une vie minuscule », il revient en poche chez Folio le 2 mai 2019 sous le titre « Un dieu dans la poitrine ». Dès les premières lignes, je me suis attachée à ce petit garçon perdu. Il grandit assez vite avec de nombreuses interrogations sur son identité. Mais aussi par rapport aux relations avec les familles qui sont rarement bienveillantes. Je me pose la question sur les valeurs des familles d’accueil qui voit dans ces enfants de l’argent que des êtres à aimer. Pourquoi s’étonner que beaucoup deviennent méfiants envers l’être humain. Cette défiance ne s’écrit pas avec un Je envahissant. Le récit s’écrit avec subtilité où le lecteur devient un confident. Lors des moments les plus difficiles comme les abus sexuels de tonton Lacroix, pas de descriptions précises. La suggestion suffit à nous faire comprendre l’horreur des situations. Son témoignage n’est pas seulement une histoire personnelle mais aussi un portrait de la France avec la fermeture des grandes usines, la centralisation, le communautarisme, les mouvements migratoires…. Les références à des auteurs comme Hugo, Marivaux, Molière… montrent que leurs mots indémodables savent toucher le coeur des gens qu’importe leur monde. Comme ces femmes à travers l’histoire qui dépasse le cadre de leur métier pour aider et soutenir Phérial . Elle l’aide à prendre confiance en lui. Grâce à cela de l’optimisme émane au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

Un roman plein de douceur et de délicatesse qui saura vous toucher.

2 réflexions sur “Un dieu dans la poitrine – Philippe Krhajac

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