Selfie – Susie Brooks

L’art de s’aimer connaît son apogée grâce au selfie. Impossible de se balader sans voir des gens qui se prennent en photo. Mais est-ce un phénomène si récent? 

Susie Brooks a mené l’enquête afin de nous faire découvrir que ce n’est pas un phénomène récent l’art de se représenter. Pour nous le prouver, elle va faire un voyage dans le temps auprès d’artistes qui ont pratiqué l’art de l’autoportrait. On débute avec les peintures rupestres et principalement des traces de main. Les plus anciennes connues à ce jour ont été retrouvé sur l’île de Sulawesi. Dans l’Egypte antique, Bak, chef sculpteur du pharaon Akhénaton a réalisé une oeuvre où il se représente avec sa femme.

Au moyen-âge, les moines copistes n’hésitaient pas à se dessiner dans les ouvrages qu’ils réalisaient. L’art de la peinture se développe tout comme les artistes. Jan Van Eyck était réputé pour l’art du portrait. Son nom reste encore célèbre de nos jours grâce à la peinture « Les époux Arnolfini » où l’on peut voir dans un miroir derrière le couple un miroir avec le portrait du peintre. Autour du miroir, on peut lire : « Jan Van Eyck était là ».

Vélasquez a utilisé un procédé assez similaire dans « Les Ménines » (1656). Sauf que c’est dans le miroir que l’on voit les modèles qui sont tout de même le roi et la reine d’Espagne. Une occasion de se représenter ainsi que la jeune princesse de 5 ans réprimandée par les ménines qui l’entourent.

Albrecht Dürer a peint un autoportrait en 1498 pour montrer sa réussite et son savoir faire. Il avait 26 ans quand il a peint son oeuvre. Sa reconnaissance était faîtes principalement comme graveur. On lui attribue le fait d’être l’un des premiers artistes à faire de l’autoportrait.

A la Renaissance dans les grandes peintures classiques ou religieuses, les peintres en profitaient pour intégrer des personnes de leur époque. Dans « L’école d’Athènes » de Raphaël, peinte dans la bibliothèque du Vatican  à Rome, on peut le voir sous les traits d’un élève ainsi que Léonard de Vinci et Michel Ange.

Rembrandt Van Rijn a crée une centaine de portraits en 40 ans de carrière. Il aimait varier les lieux, les tenues et les humeurs dans lesquels il se représentait. Pour son dernier portrait à 63 ans, il montre les affres du temps et de ces blessures.

On trouve quelques femmes aussi dans l’histoire de l’art. Elisabeth Vigée-Lebrun qui a su se faire un nom grâce à son « Autoportrait au chapeau de paille » en montrant l’étendu de son talent. Sa réputation lui a même permis d’être admise à l’Académie royale de peinture. Un fait assez exceptionnel puisque juste 4 autres femmes en étaient membres à l’époque.

Il ne faut pas toujours être sérieux sur les autoportraits. Joseph Ducreux (1735 – 1802), toujours à la mode de nos jours, aimaient se représenter entrain de bailler ou d’avoir des positions moins valorisantes. Le sculpteur Franz Xaver Messerschmidt (1736 – 1783) réalisait des autoportraits avec des grimaces.

Gustave Courbet est un rebelle pour son époque. Il se représente avec des gens ordinaires et sur des peintures gigantesques. L’ordinaire se met au niveau du sacré.

La photographie change beaucoup le rapport à notre image. Le kodak, petit et facile d’utilisation permettait de prendre environ 100 clichés avant d’être envoyé à l’usine pour développement. En 1900, une nouvelle ère débute avec le brownie de kodak qui est un appareil portatif bon marché et populaire.

Vincent Van Gogh a réalisé plus de 850 toiles en à peine 10 ans et il en a vendu une de son vivant. Il s’est très souvent pris pour modèle.

James Ensor a peint 112 autoportraits et il a déclaré : « Je n’ai jamais réussi à saisir la ressemblance. » Oscar Kokoschka comme Francis Bacon se représentaient dans sa souffrance et son mal être. Frida Khalo aussi aimait à se peindre et faire transparaitre ces émotions et cacher ces handicapes avec son corset en plâtre et son pied en moins.

La modernité avec le smartphone incite au culte de sa personne avec le selfie. Plus besoin de longues heures de travail, juste un sourire et quelques retouches avec une appli et votre photo est prête à être diffusé sur les réseaux sociaux. L’ouvrage ne parle pas du rôle social de la prise d’image de soi ni du rôle de l’autoportrait dans la société à travers le temps via la peinture. C’est juste une petite présentation de l’art de l’autoportrait à travers quelques exemples afin d’attiser la curiosité des petites têtes blondes. Toutefois, la mise en page facilite la lecture et conjugue information avec anecdotes.

Une sympathique mise en bouche qui pousse à lire autre chose pour en apprendre plus.

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