L’eau devient une denrée très rare et cela affecte aussi les démons. Un ancien militaire décide de changer les choses et demande de l’aide improbable. Grâce à la solidarité, ce n’est pas la loi du plus riche qui triomphera.

4e de couverture
Mad Max Fury Road en mode démoniaqueÀ la suite de nombreuses guerres entre les humains, la Terre s’est transformée en un gigantesque désert et l’eau est devenue la denrée la plus rare. Beelzebub, le “prince des démons”, pille les convois d’eau pour approvisionner ses congénères, jusqu’au jour où il entend parler d’une oasis légendaire qui se trouverait quelque part en plein cœur du désert. Aux côtés d’un humain, il se lance alors dans une aventure riche en rebondissements de toutes sortes…Le one shot jubilatoire d’Akira Toriyama revient en France en grand format, assorti de pages couleurs et de commentaires inédits de l’auteur. Embarquez une nouvelle fois dans le Toriyama world, pour une aventure déjantée mêlant créatures fantastiques et univers post-apo !

Mon avis
On réduit souvent Akira Toriyama à Dragon Ball. Pourtant, avec Sand Land, il livre une œuvre différente, où l’humour, l’aventure et la réflexion écologique se répondent avec une grande justesse. Paru en 2000 sous la forme d’un one-shot, le manga met en scène un monde ravagé par la sécheresse, où l’eau est devenue une ressource rare contrôlée par un pouvoir corrompu. Derrière cette quête pleine d’action se cache une véritable critique de l’accaparement des ressources naturelles et de l’exploitation des populations les plus vulnérables. Ce qui frappe, c’est la modernité du propos. Le mangaka ne se contente pas de dénoncer la catastrophe environnementale : il montre que celle-ci est aussi le résultat de choix politiques et économiques. La nature n’est pas seulement un décor, elle est un bien commun qu’il faut protéger et partager. L’eau devient un symbole de justice sociale, rappelant que l’accès aux ressources essentielles ne devrait jamais être un privilège. Le message n’est pourtant jamais pesant. Fidèle à son style, Akira Toriyama l’enrobe d’un humour irrésistible, de personnages attachants et d’un sens de l’aventure qui rendent la lecture particulièrement fluide. Beelzebub, le jeune prince des démons, incarne parfaitement cette dualité entre monstre cruelle et héros au coeur généreux. Espiègle et drôle, il révèle peu à peu un profond sens de la justice. Le trio qu’il forme avec le shérif Rao et Thief fonctionne à merveille, mêlant camaraderie, humour et émotion. Visuellement, le manga est également une démonstration du talent de Toriyama. Passionné de mécanique, il dessine avec un soin remarquable les chars, véhicules et machines qui traversent ce désert immense. Chaque planche témoigne de son plaisir à imaginer un univers cohérent, à la fois post-apocalyptique et empreint d’une certaine poésie. On le sait car on trouve un échange avec le mangaka ce qui est assez plaisant. En à peine un volume, Sand Land réussit à parler d’écologie, de partage des ressources, de corruption et de solidarité sans jamais sacrifier le divertissement. Car sans le lien entre les individus qu’importe ce qu’ils sont, rien n’aurait été possible. Plus de vingt ans après sa publication, son message résonne avec une actualité troublante. C’est sans doute l’une des œuvres les plus engagées d’Akira Toriyama, et la preuve qu’il savait utiliser le manga populaire pour interroger notre rapport à l’environnement et à la responsabilité collective. Et est-ce impossible que les plus riches gardent l’eau pour eux demain? L’eau devient un bien privatif dans de plus en plus de pays. Demain, tout le monde pourra t’il s’hydrater? pourra arroser son jardin?

Un manga qui se dévore et qui capte notre attente de la première à la dernière page.

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