
Le docteur Frankenstein veut comprendre comment fonctionne le corps humain. La mort n’est pas forcément une fin en soi. En prouvant une hypothèse, il ne fait pas face aux conséquences.
4e de couverture
En adaptant magistralement l’œuvre de Mary Shelley, David Sala ne se contente pas de lui donner une sublime interprétation graphique. S’il a choisi ce roman parmi tout ce que compte de chefs-d’œuvre la littérature, c’est qu’il y trouve une résonance particulière avec des thématiques qui lui sont chères : l’acceptation de la différence, la peur de l’inconnu, les violences faites aux minorités, la vindicte populaire… autant de sujets déjà abordés dans ses précédents albums, qu’il met ici en exergue pour faire de ce Frankenstein son album sans doute le plus personnel. Frankenstein est une œuvre terriblement moderne, qui fait directement écho aux grands défis actuels de nos sociétés. À lire et faire lire impérativement !
Mon avis
Quand on entend Frankenstein, on voit souvent le monstre. Bien souvent, on le confond avec le créateur. Le docteur avait envie de grandeur et d’expérimenter. Alors dans son laboratoire, il assemble des morceaux de corps et donne vie à un monstre géant. David Sala fait le choix de pas s’attarder comme beaucoup sur cette période où l’on voit des cadavres se faire découper et l’assemblage. Pour le bédéaste, il préfère s’attarder sur la suite. Il décide aussi d’en faire un monstre gigantesque qui effraie autant par son physique, sa taille, sa posture que son inaptitude sociale. Il faut dire qu’une fois réveillé, le docteur l’a chassé comme un malvenu sans chercher à discuter avec lui. La chose, terrifié, ne sachant ce qui lui arrive tente de trouver un sens. Quand une femme vint lui tendre la main, des hommes, pervers et violent, décidèrent de la battre et de l’humilié comme il se faut. Encore une preuve que l’homme est mauvais, dangereux et sans coeur. La femme belle doit être un objet. David Sada prend des grandes libertés avec le texte de Mary Shelley pour en sortir l’essentiel. Il donne toute sa palette des émotions dans ces pineaux. Comme d’habitude, son travail est un vrai régal pour les yeux. On prend son temps pour admirer autant le monstre avec ces nuances de bleu, les forêts au mille couleurs ou la beauté des femmes avec leurs visages aux nuances de gris. Cela donne une envie folle de voir les planches pour voir vraiment les teintes vibrées. Le papier glacé terni un peu ces couleurs si extraordinaires. C’est un régal pour les yeux tout comme le prédis la couverture. Cette tension avec la succession des morts permet de mettre en valeur la souffrance et la douleur tout comme la puissance de l’amour et de l’amitié. Un vrai régal qui a toute sa place dans notre bibliothèque personnelle et à offrir à des gens que l’on apprécie. Garder à l’esprit cette adaptation permet d’éviter une lecture assez longue.
Une lecture sublime qui rend hommage à un livre culte en lui donnant de la grande beauté.
Laisser un commentaire