On oublie bien souvent que les femmes ont toujours eu une place dans l’art. Il est important de le rappeler et de donner de la place à ces créatrices dans des livres. Ainsi on découvre le nom de 4 artistes ainsi que leur production.

4e de couverture
Les initiatrices du féminisme en art L’art féministe est un mouvement contemporain qui regroupe des artistes et des œuvres au service de valeurs féministes. Ce roman graphique nous le fait découvrir de façon incarnée et sensible : il délivre des informations essentielles en s’appuyant sur des images percutantes et sur un récit émouvant. Après un prologue qui décrit le contexte de son émergence dans les années 60, il nous emmène sur les traces de quatre artistes ou groupes d’artistes : Judy ChicaGo, Faith RinGGold, Ana Mendieta et les Guerrilla Girls.
Chacun de ses chapitres s’ouvre sur une double page, avec des citations, des réflexions ou des messages de l’artiste en question. Le récit qui suit donne des éléments biographiques et propose des clés de lecture pour aborder son travail en rapport avec celui d’autres artistes ou d’autres courants. Unique en son genre, cet ouvrage constitue un outil de découverte aussi efficace que divertissant.

Mon avis
Le patriarcat a volontairement effacé les noms des femmes dans tous les domaines. Ainsi, ces messieurs peuvent propager des discours prouvant la supériorité de l’homme. Avec le temps et l’accès à l’éducation des femmes, cet effacement peu à peu connaît du déclin. Elles ont toujours été là partout malgré les interdictions, les humiliations, les privations, les enfermements… Valentina Grande et Eva Rossetti décident de mettre en lumière 3 artistes contemporaines et d’un groupe pour les remettre sur le devant de la scène. Ainsi ce que l’on nomme et que l’on écrit dans un livre, devient une vraie trace.

Judy Chicago, « L’orgueil du corps et le pouvoir des mots » choisit de représenter le vagin et le sang menstruel. Pourquoi ce qui est lié au fonctionnement du corps de la femme doit rester secret et tabou? Elle décide de faire des oeuvres avec de permettre de se réapproprier ce corps. Loin des clichés des nus bien souvent magnifié et réalisé par des hommes. Le corps de la femme n’est pas forcément un objet de fantasme et masturbatoire pour ces messieurs les gros dégueulasse. Montrer des vagins en gros plan ne devrait pas dégouter mais interroger. Pourquoi une telle réaction? Pourquoi les règles devraient être considérées comme sale et répugnant? Pourquoi les hommes inventent ce genre de mythes pour exclure les femmes de la société et de la sphère publique?
Faith Ringgold, « L’autodétermination et le féminisme dans la communauté afro-américaine », afro-américaine, interroge la place de la femme noire dans la société, dans l’art et aussi dans un système patriarcal qui l’a déconsidère. A l’image de ces femmes noires esclaves qui cousaient des patchworks, elle s’approprie ce savoir-faire sous formes de fresques représentant son peuple et son histoire.
Ana Mendieta, « La question de l’identité et de la violence envers les femmes », performeuse et danseuse américano-cubaine, qui se questionne l’identité féminine et les violences subies. Elle met son corps et son physique au service d’une démarche pour pousser à réfléchir et voir agir.
Les Guerrilla Girls, « L’assaut des musées et le féminisme intersectionnel », rassemble plusieurs femmes qui dénoncent l’absence de femmes dans les musées importants ainsi que la représentation de la diversité. Elles font des affiches, qu’elles colent partout, pour bien expliquer du genre Guggenheim 0, Metropolitain 0, Modern 1 et Whitney 0. Elles portent des masques de singes car il faut peut-être ça pour attirer l’attention. Leur identité est le plus important? Bien que l’on sache qu’il y avait de très nombreuses artistes talentueuses comme Frida Kalho, Alma Thomas, Georgia O’Keeffe, Paula Modersohn-Becker, Käthe Kollwitz ou Eva Hesse.

Une bande dessinée qui parle des artistes contemporaines est assez rare dans le monde du 9e art. Elles ont dorénavant des tomes consacrées à leur travail ainsi elles peuvent s’inscrire dans l’Histoire. Cela concerne principalement les artistes plus contemporaines car on a plus d’informations sur leur travail, leurs oeuvres avec des images. C’est quelque chose d’important. Et avec ce qui se passe actuellement avec la montée des populistes, l’effacement risque d’être à nouveau quelque chose d’ordinaire. La lutte est quelque chose qu’il faut à jamais cultiver pour ne pas retrouver le rôle de rester enfermé dans la sphère privée à se taire et servir docilement. Bien que la bd soit assez courte et on reste sur notre faim. On voudrait en savoir plus, que tout aille plus loin. Est-ce une façon de nous pousser d’aller voir en vrai? De nous inciter à voir d’autres artistes, d’inciter à les voir, à les rencontrer? C’est une façon de nous enrichir et de dire que nos colères peuvent se transformer en art et le partager, faire collectif ensemble. Peut-être que l’art ne peut pas changer toute la société, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun impact.

Une lecture qui redonne la force de croire dans l’art et son pouvoir de dénonciation.

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