Une brève histoire du robo-sapiens – Tome 1 – Toranosuke Shimada

Dans un futur lointain, robots et humains cohabitent en toute quiétude. Pour marquer cette harmonie, il faut l’inscrire dans une histoire du robo-sapiens. Des moments simples qui prouvent que l’on peut dépasser ces aprioris.

4e de couverture
Dans un futur lointain, les hommes vivent aux côtés de robots humanoïdes qu’ils ont créés. On y suit leur quotidien, mais aussi les problématiques qu’engendre une telle cohabitation Quel est encore la place des hommes sur cette terre ou l’intelligence artificielle les a supplanté?

Mon avis
Quand un nouvel éditeur arrive sur le marché, on a envie de découvrir sa production. Sans vraiment faire attention, la lecture de « Une brève histoire du robo-sapiens » se faisait pour voir les choix de Noeve Grafx. Comment Toranosuke Shimada s’approprie les robots après « Astroboy » de Tezuka? Déjà, le robot ne ressemble plus vraiment à une machine. Ils ressemblent à s’y méprendre à des humains. D’ailleurs, ils vivent et travaillent ensemble, se marient… Est-ce que pour autant ils ressentent des émotions? Apparemment, la technologie n’a pas évolué sur ce point. Leur fonction est de réaliser des tâches que des humains ne peuvent pas faire du tout ou temporairement. Par exemple, permettre une vache de mettre bas ou finir des travaux de la ferme. Il suffit de télécharger le bon mode d’emploi pour que la machine se mette en marche, le sourire aux lèvres. L’autre sujet qui rappelle le grand maître du manga est la présence du nucléaire. Tezuka a été marqué par les bombes nucléaires qu’il a connu enfant. Normal qu’il en fasse référence dans son art. Mais qu’en est-il pour le mangaka moderne? Est-ce une façon de faire un constat que le nucléaire a toujours sa place dans la société même si c’est avec un autre angle?

Robo Sapiens

Dans un des courts récits, cela commence avec cette phrase « A l’orée du 21e siècle, une explosion a eu lieu dans une centrale nucléaire. La récupération des combustions qui ont fondu sous l’effet de la chaleur s’est avéré être une tâche particulièrement ardue. En effet, la radioactivité émise par ces combustibles était tellement élevée qu’elle aurait tuée instantanément quiconque s’en approcherait. Aussi a t’on jugé qu’aucun être humain ne pouvait être envoyé là-bas pour effectuer cette opération. A la place, le gouvernement a décidé de faire appel à une armée de robots. Mais la radioactivité était telle que les composants électriques des robots étaient inéluctablement détruits. C’est ainsi que l’un après l’autre, ils sont tombés en accomplissant leur mission ». Les cadavres sont exposés dans un mémorial géant en forme de robot prenant la pose du penseur de Rodin. Cela devient un lieu de mémoire touristique.

Robots

L’autre approche est une réflexion toujours d’actualité. Que faire des déchets des centrales? La réponse la plus appropriée est l’enterrement. Ainsi on découvre un site avec cette fonction. « La construction du premier « onkalo » de notre pays vient de s’achever. Nous allons donc pouvoir y enfouir des déchets nucléaires provenant de toutes les régions. Après avoir été scellés dans des sarcophages forgés dans un alliage très spécial, ces rebuts seront entreposés au fond d’interminables tunnels. ». Comme il faut 250 000 ans afin que la radioactivité descende en dessous d’un seuil de dangerosité, aucun humain ne peut surveiller. Seul un robot est capable de cela. Mais avec le temps, la mémoire de ce lieu semble avoir été oublié. Difficile de ne pas y voir une réflexion par rapport à Bure. Comment ne pas faire oublier la pollution du sol du site pour les population du futur. Est-ce que l’on saura encore lire le français? Faut-il planter des arbres d’une couleur singulière pour marquer les esprits? Y a t’il des bonnes réponses? C’est un regard européen et français qui se pose. Il y a peu de chance que Toranosuke Shimada y est pensé surtout que son travail a été républiée dans le « Morning Two » de Kodansha en 2018-2019.

Le public est au rendez-vous puisqu’il reçoit le Prix Culturel Osamu Tezuka en 2020 et le Grand Prix du 23e Japan Media Arts Festival catégorie manga. Cette reconnaissance a éventuellement influencé l’éditeur sur sa mise en page. Le format est plus grand qu’un manga classique. La couverture joue avec des effets de lumières pour briller à des endroits en particulier. Puis le papier est glacé et assez épais. Cela donne d’avoir une impression de luxe ce qui justifie un prix de 12,90€/tome. Un choix qui tranche avec les séries avec des tomes à 4€ avec du papier recyclé. Un contraste qui devrait marqué un rapport à la qualité de l’oeuvre. Pourtant, je referme l’ouvrage pas vraiment conquise. C’est assez lent et pas très palpitant. Les récits courts se suivent sans trop se ressembler. Le récit d’une enquêtrice qui recherche un robot perdu et qui découvre que c’est le commanditaire. Une boucle surprenante qui permet de mettre l’humanité dans la technologie insensible. Faut-il y voir une fresque visionnaire et d’anticipation? En tout cas, le terme de robo-sapiens semblent tout approprié comme nouvelle espèce. Une façon élégante d’interroger notre civilisation. Toutefois, la question environnementale ne sera jamais abordée. Est-ce si important dans un temps très éloigné? La singularité de l’oeuvre se fait aussi par le graphisme et la mise en page très éloignés du classique. Plus épuré et plus arrondie et surtout plus proche d’un style de bd franco-belge, il déroute et interroge même s’il ne convainc qu’à moitié.

Un premier tome qui incite à lire la suite pour vraiment se positionner sur son ressenti.

L’avis de l’Apprenti Otaku : « Ainsi, en arrivant à travailler des thématiques universelles en même temps que des notions assez pointues, cette série courte a su se rendre marquante. Marchant dans les pas d’un chef d’oeuvre absolu, elle arrive à proposer une réflexion supplémentaire qui mérite clairement qu’on s’y attarde.« 

L’avis Les Blablas de Tachan : « Ainsi, j’ai aimé cette immersion dans un univers futuriste au cadre connu grâce à son ambiance résolument rétro s’inspirant des maîtres du genre. J’entendais presque la voix d’Harrison Ford dans Blade Runner dans le premier chapitre. Ce fut une lecture pleine de réflexions intérieures et en même temps assez apaisante grâce à son tempo tranquille. Mais cette lecture est restée au stade de sympathique car il lui a manqué un je ne sais quoi pour enclencher la dynamique.« 

L’avis de La pomme qui rougit : « En bref, vous l’aurez compris, ce manga ne m’a pas du tout laissée insensible. J’ai été prise dans une tempête qu’est, ce récit et je me suis laissé porter avec plaisir. Une histoire qui vaut le coup d’oeil !!!! »

Robo Sapiens (2)

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