Furieuse – Mathieu Burniat et Geoffroy Monde

Ysabelle refuse de se marier avec le mari choisi par son père. Quelle alternative lui reste t’elle? Il faudrait réformer tout le système.

4e de couverture
Après « Le Mystère du monde quantique » et « Sous Terre », Mathieu Burniat revient avec « Furieuse », une pure fiction scénarisée par Geoffroy Monde (« Poussière », « Comment réussir » et « De rien »).

Le roi Arthur, celui de la légende ? Un vieil ivrogne décrépit qui passe ses journées vautré sur son trône. Sa gloire désormais bien lointaine, il la doit à l’épée magique que Merlin lui a forgée pour terrasser les hordes de démons venues envahir le royaume de Pendragon. Devenue témoin de sa déchéance, l’arme enchantée s’ennuie ferme tandis que la princesse Ysabelle fulmine car son débris de père l’a promise en mariage à l’ignoble petit baron de Cumbre.

Toutes deux bien décidées à se trouver un meilleur destin, Ysa et l’épée s’allient pour fuir le château et partir à la recherche de Merlin et de Maxine, la grande soeur disparue.

Mais le vaste monde peut se montrer bien cruel pour une princesse qui n’a connu que la vie de palais. Et les intentions de l’épée sont peut-être moins nobles qu’il n’y paraît…

Mon avis
Alexandre Astier et Alain Kappauf ont décidé de s’approprier l’histoire du roi Arthur à travers la série « Kaamelott ». Mathieu Burniat et Geoffroy Monde relèvent le même défi en donnant une nouvelle dynamique à ce récit d’un autre temps. Le roi Arthur n’est plus un homme glorieux et brillant. Voilà un géant ivrogne et tyrannique qui commence à prendre la tête. Il joue souvent avec sa fameuse épée. Elle s’ennuie maintenant qu’il n’y a plus personne à pourfendre. Par chance, Ysabelle, la princesse doit épouser un gars de la haute, baron de Cumbre. Quand elle le rencontre et voit qu’il est vieux et pervers, elle veut s’enfuir. « Je l’épouserai jamais, ton baron de merde !! » Il n’y pas de raison qu’elle ne puisse pas partir comme sa sœur. Une opportunité s’offre à elle et il faut la saisir au vol. En plus, l’épée lui propose son aide. Le duo part pour une aventure haute en couleurs. Bien entendu, rien ne se passe comme prévu. Même Excalibur cache bien son jeu et c’est aussi une femme qui revendique des droits à l’amusement, même macabre. Quand Maxine est retrouvée, elle n’est pas une femme qui a réussi dans une zone de non-droit. Bien loin de là. Quelle possibilité pour une femme de pouvoir s’émanciper et de vivre libre? Pas le choix, il faut tout changer. La légende reçoit un sacré coup de dépoussiérage pour devenir un pamphlet féministe et politique engagé. Et surtout où l’humour et l’absurde tiennent une place de maître. Les dialogues et les situations cocasses se succèdent pour toujours amuser le lecteur. Le scénariste se permet les bons mots, les clins d’oeil et les références au monde moderne de façon détournée. Il ose même transformer Merlin est un vieux libidineux étrange avec un micro-pénis. Le lecteur peut se pencher sur le récit à partir de 12 ans sans soucis et surtout les jeunes filles. Elles aussi peuvent devenir des héroïnes qui changent les choses. On est ravie de retrouver l’univers graphique de Mathieu Burniat qui nous avait épaté avec « Sous terre » qui s’amuse avec les nuances de rose et l’univers de SF. Il détourne les codes encore une fois pour surprendre son lectorat qui n’attend que ça.

Une lecture originale, audacieuse et curieuse qui va surprendre plus d’une personne. Oserez-vous voir autrement le mythe arthurien?

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