Elvira & Otto dans la jungle – Martin Baltscheit et Max Fiedler

L’amour amène à faire des biens choses. Les certitudes sont là pour être repoussés, dépassées. Grâce à cela, on se pose des questions sur soi, les autres et tout ce que l’on ne connait pas.

La vie dans la jungle n’est pas toujours d’une grande tranquillité. Mais il s’y passe quelque chose comme il y en a partout dans le monde. L’amour frappe. Ce n’est pas Elvira et Otto qui diront le contraire. Depuis leur premier regard leurs coeurs se sont emballés. Rien de tel que s’hydrater au bord d’un cours pour parler plus librement. Un crocodile vient déranger le premier baiser de l’antilope et de l’éléphant. Aucun problème, d’un coup de trompe Otto va l’envoyer voler l’indigent là où l’on ne l’attend pas. Qu’importe, ensemble ils sont prêts à faire face à tout. « Nous sommes faits pour être ensemble jusqu’à ce que la mort nous sépare ». De nombreux animaux de la jungle se moque d’eux. « Trouvez-vous un amoureux de votre espèce, cette histoire ne vous mènera à rien! ». Quel plaisir d’être tous les deux. Toutefois, il faut quand même manger. En allant se restaurer, il découvre un téléphone portable au sol. Siri a du répondant face aux interrogations de ceux présents bien que les réponses ne soient pas très claires. Par contre, elle propose des images incroyables. Impossible de garder ces informations pour eux. Il faut absolument les partager avec les autres. Cette ville avec tout le confort existant ne fait pas un consensus. Trop beau pour être vrai surtout pour des animaux. Le couple lui a envi de tenter l’aventure. Que va leur réserver ce voyage?

A l’évocation du titre « Elvira & Otto dans la jungle » et quand on jette un coup d’oeil aux dessins, cela nous évoque bien d’autres bande dessinée. Tout d’abord le monde un peu de « La Jungle en folie ». Une série animalière culte créée en 1969 par le scénariste Christian Godard et le dessinateur Mic Delinx. Puis pour les puristes le fameux « Le Concombre masqué » créée en 1965 par Nikita Mandryka sans omettre Mordillo, bien entendu. Un grain de folie douce touchait ces ouvrages d’un autre temps que les jeunes ne peuvent pas connaître. Peut-être que de tels lectures ont bercé un moment la jeunesse de Martin Baltscheit et Max Fiedler car on retrouve ce côté loufoque et absurde dans leur création. Très vite, ils trouvent le moyen d’emporter le lecteur rapidement et efficacement. Tout commence avec une scène pas si innocente car on peut toujours se faire manger par plus fort que soi. Au final, le bouzier, extraordinaire animal au demeurant, en sort vainqueur. Un petit aparté amusant à l’image de l’ensemble du récit. Qui pourrait croire que dans la nature une antilope pourrait sortir avec un éléphant? Ne dit-on pas qui se ressemble s’assemble. L’amour n’est-il pas plus fort que tout? N’est-il pas là aussi pour inciter les autres à se poser des questions pour être plus bienveillant avec leurs congénères? On rit, on réfléchit, on apprend à se demander c’est quoi la normalité au final. La consommation rend-elle la vie plus jolie? Pourquoi se passer d’un tel petit bijou d’humour? Les enfants vont adorer et les adultes aussi. La suite promet de sacrés rebondissements.

Une bande dessinée animalière prometteuse qui s’amuse des codes pour mieux les critiquer.

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