Valérian et Laureline – Tome 3 – Le pays sans étoile – Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Emeline Tranlé

Une planète va s’écraser sur d’autres. Valérian et Laureline n’ont pas le choix d’agir et vite. Trouveront-ils la solution qui va faire la différence?

4e de couverture
Rien ne va plus sur les planètes Ukbar, ravagées par une terrible guerre des sexes. Rejetant le machisme comme le féminisme, Valérian et Laureline tentent de réconcilier hommes et femmes en jouant chacun de ses atouts : action pour le premier, séduction pour la seconde. Un album plein de poésie et d’humour où l’on apprend que ce pauvre Valérian ne tient vraiment pas l’alcool…

Mon avis
La lecture débute de façon assez comique puisqu’on rencontre Valérian en mauvaise posture. Pour faire une tourner d’adieu sur les planètes Ukbar, il s’en jette quelques uns derrière l’oreille. Le souci est que le brave et courageux aventurier ne tient pas l’alcool. Il va falloir qu’il désaoule assez vite. « Une planète folle plonge au fond de l’espace, droit sur nous! Nos astronomes viennent juste de la repérer ». Alors les agents spatio-temporels s’approchent de la planète en question pour savoir comment agir. Le pauvre Valérian à une gueule de bois au réveil. « J’ai la tête comme une méduse de flutmul ». Pas le temps de s’étendre sur ces émotions, une combinaison et hop dans l’espace. Qu’observent-ils? « Un vrai cauchemar d’ivrogne ce paysage ». Il sait de quoi il parle. Leur enquête les mènent à l’intérieur de la planète qui a leur grande surprise est habitée. On voit des animaux qui se déplacent avec des individus sur eux. Quand une maison s’écroulent devant eux, d’un geste mécanique, ils leur viennent en aide. Rien de tel que passer pour un sauveur pour aller à la rencontre de la population et aussi d’une machine de traduction. Les habitants récoltes du flogum pour le vendre à ceux qui font la guerre. Pourquoi? Est-ce si important tant que certains achètent? « On a besoin de vous parce que c’est vous qui livrez des armes effroyables aux cités guerrières!! » Et oui, la guerre c’est mal. Il se permet de juger facilement sans trop se salir les mains. Laureline a trouvé l’explication, la chute de l’astre est du à sa sortie de son orbite. Si la guerre s’arrête tout reviendra à la normale. Alors ils se décrètent émissaire pour la paix. On leur rappelle une règle : « Seuls des hommes peuvent se rendre à Malka et il n’y a que des femmes acceptées à Valsennar… Vous devez vous plier à la règle. « Comme il faut agir vite et bien, chacun kidnappe le responsable de chaque camp. Un petit voyage dans l’espace pour leur faire comprendre concrètement le danger. Le choc étant trop important rien de tel qu’une formation accélérée sous hypnose. Valérian trouve une solution vite fait bien fait et hop l’avenir de la planète est sauvé et le système d’Ukbar compte dorénavant 5 planètes. Heureusement qu’il était là pour sauver tout le monde maintenant ils peuvent partir.

Pierre Christin n’oublie jamais de remettre son héroïne à sa place. Valérian lui dira des choses de plus cordiales : « La paix femme! ». Pour une fois, les propos assez misogynes ne seront pas trop de mise contrairement aux tomes précédents. Il va parler d’une société de femmes combattantes et courageuse. On s’amuse à lire : « – Parce qu’après les batailles, si t’en réchappes, on t’expédie au palais de la suprême féminité pour une séance de procréation. Y paraît que c’est pire que tout. […] – Les mâles c’est des inférieurs, tout le monde sait ça! On est tout juste bon à charrier des flogums qui nous pétent au nez, à soigner les gosses ou à nettoyer la ville ». Une inversion des rôles et du statut social ne peut se réaliser que dans une fiction. Une démarche assez audacieuse même pour 1972. Par contre, Laureline doit participer à un concours de beauté et elle gagne contre toute attente. Les mécontentements se font entendre. « s’il y a des criailleries de bonnes femmes ayant perdu, faites donner la bastonnade à toutes les femmes présentes! Qu’il n’y ait pas d’injustice surtout ». Les hommes ici disposent des femmes sans aucun scrupule. « D’où viens-tu donc cervelle d’oiseau? La guerre c’est violent… salissant… brutal même.. bon pour les femmes ». La guerre devient une histoire de femmes.

Il s’autorise des moments d’humour : « Laureline au harem! Nouvel épisode d’une vie grandiose d’agent spatio-temporel de sexe féminin!… Mon petit Valérian ». Aucun doute qu’il serait heureux. Un tome dans ce genre aurait été possible toutefois dans un autre registre et interdit au moins de 18 ans. Dans la même idée, quand la cheffe guerrière passe des hommes acclament : « Vive Klopka-la-Ravissante ». Valérian fait de l’irone fasse à une femme obèse en armure : « Ooops! Un plaisir de se faire tuer pour elle en effet! ». Est-ce que si elle était une beauté fatale, cela changerait tout? Faut-il forcément plaire pour se faire obéir et respecter? On peut se demander s’il faut aussi rire de la structure du périple. Sur les trois dernières pages Valérian trouve la solution au problème, l’impose et le fait. Tout se passe forcément bien. Quel homme qui trouve toujours LA solution et après il part sans ce préoccuper des conséquences négatives qui vont émerger. Il s’en lave les mains.

Comme à son habitude, il installe une dose de sciences. Cette fois-ci, il débute avec le savoir faire des hommes à faire de l’alcool même avec des algues. Le duo de choc se déplacent dans l’espace avec des combinaisons sans fil qui permettent une grande facilité de déplacement. Une source de lumière sur la planète qui risque de détruire une autre abrite du phosphore qui brille dans le noir. En dessous, ce cache une planète creuse. « Il y a même une lune qui tourne autour. C’est son noyau central qui lui tient lieu de soleil ». Les armes de guerre sont à base d’animaux exploités pour leurs aptitudes naturelles.

Le dessin de Jean-Claude Mézières a assez évolué depuis le précédent tome. Les personnages deviennent plus régulier dans trop changer au cours d’une aventure. La précision se fait également plus dans les détails des paysages qui sont réalisés moins précipitamment. Même constat pour la mise en couleur d’Emeline Tranlé qui s’applique plus au limite dans ces aplats de teintes. Elle arrive aussi à faire de nuance comme dans les robes de Laureline ou son maquillage.

Un tome assez original qui apporte son lot de combats et d’un happy end des plus heureux. Que va nous réserver la suite?

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