Dômu – Katsuhiro Otomo

Dans un quartier au Japon, une vague de suicides et de disparitions inquiète la police. Les jours passent et rien ne s’améliorent, bien au contraire. Qui se cache derrière ces phénomènes?

4e de couverture
Une vague de disparitions morbides endeuille depuis plusieurs années une grande cité japonaise. Cet ensemble de tours bétonnées accumule suicides et accidents inexpliqués, comme frappé d’une véritable malédiction. Mais les suicides quasi-simultanés d’un agent et d’un commissaire chargés de l’enquête vont jeter le trouble dans la police locale.

Le nouveau commissaire et un jeune inspecteur du nom de Takamaya vont tenter de comprendre quels sont les liens entre les différentes victimes. A leur grande surprise, c’est une petite fille et un vieillard sénile qui vont se trouver au centre du drame. Sur fond de chamanisme et de spleen urbain, la catastrophe sera imminente.

Dômu : photoK

Mon avis
« Dômu » n’est pas un manga ordinaire. Il est prépublié dans le magazine « Weekly Young Magazine » entre janvier 1980 et juillet 1981 puis publié en ouvrage en 1983. Il arrive en France quand le manga commence à émerger sur le marché. Katsuhiro Ōtomo ose une histoire des plus singulières pour l’époque. Avec un trait très dense, sombre, il nous plonge dans un quartier japonais où sévit une vague de suicide et de disparition. Très vite, le lecteur comprend que deux enfants s’affrontent et les habitations sont leur terrain de jeu de l’horreur. La télékinésie est au cœur de cette aventure. Grâce à cela, on va inciter des gens à agir contre leur gré. L’inspecteur Yamagawa et son équipe enquêtent. Difficile de trouver les liens à part un bâtiment et des objets des morts. Que faire avec ça? L’inspecteur n’aura pas le temps d’aller plus loin car lui aussi va mettre fin à sa vie. La réponse est peut-être à envisager sous un angle plus mystique. Qu’importe, ce n’est pas la résolution le plus important. Le lecteur sait ce qui se cache. L’affrontement entre cette petite fille, E-chan et ce garçon à l’aspect d’un vieux, Cho-san, prend des proportions incroyable et à la fin il ne peut qu’en rester un. Tout repose sur des enfants et aucun adulte ne comprend ce qui se déroule sous leurs yeux. Le mangaka gardera cet angle pour son chef d’oeuvre « Akira ».

Au niveau mise en page, on sent l’influence du cinéma avec des plans très spécifiques. L’action est parfois prise au ralenti, on voit l’immeuble se détruire, tuer des gens… On a le droit à de sublimes scènes de destruction urbaine et de meurtres. L’architecture est capitale car le graphisme permet de jouer avec le côté rectiligne et la destruction, ordre et chaos. C’est d’une violence incroyable et sans demi-mesure. On n’est pas là pour faire du gentil et du mignon. Pour ça, les ouvrages ne manquent pas. Nous sommes dans un récit de science fiction pour bousculer, captiver, interroger le lecteur. D’autant plus que le mangaka s’est inspiré d’un fait divers concernant la cité HLM Takashimadaira à Itabashi-ku en 1972 qui a subi plus de 150 suicides. Pour éviter que le chiffre augmente les autorités ont fermés les accès aux toits et ajouter des filets antichute. Parfois, il n’est pas utile de chercher l’improbable pour inscrire le cadre d’une histoire. Une lecture passionnante qui fait froid dans le dos qui est le prémisse d’une série qui sera à jamais culte. Il pose ici les thèmes qui le passionnent et qu’il poussera à leur paroxysme dans sa vie créative.

Une lecture pour débuter dans le manga pour montrer que sa richesse est bien plus grande que Naruto et consorts.

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