Mes yeux rivés sur toi – Kuro Nohara

L’école n’est pas déjà lieu si rassurant. Alors quand des émotions se rajoutent et qu’ils restent tâtonnants, c’est perturbant. Comment faire, comment être et comment se comporter pour se sentir bien?

4ème de couverture
Takeru Inomata est lycéen, et il vit dans une petite bourgade de province. Les non-dits, les rumeurs, le mariage, les enfants… tout ça lui passe au-dessus. Il vit son quotidien, comme il vient, sans faire de vague et sans passion. Jusqu’au jour où, au lycée, un nouvel élève arrive… Il sera bien surpris en découvrant que ce dernier n’est autre que Kôtarô, un de ses camarades d’école primaire. Très vite, les deux garçons se rapprochent… Et si un nouvel amour était en train de naître ?

Mon avis
Kuro Nohara propose une récit touchant sur deux adolescents qui découvrent quelque chose sur eux. Il choisit une approche très poétique pour parler d’homosexualité. Contrairement à d’autres publications, il n’y met pas de nombreux rebondissements, des intrigues amoureuses à plusieurs niveaux dans un rythme dense. On est aux côtés de Takeru et de Kôtaru qui essaient de construire quelque chose ensemble sans trop savoir quoi. Ils partagent la certitude de se sentir bien à deux. Mais est-ce suffisant? Surtout si bientôt l’un va partir loin pour intégrer une université? Et jamais, ils ne pourront se tenir la main en public par exemple. L’homophobie est ancrée dans la société d’autant plus dans des petites villes où tout doit rentrer dans des moules de conformité. Les objectifs de vie restent simple : aller à la fac, gagner de l’argent, se marier et faire des enfants. Voilà le modèle de réussite que chacun doit suivre. Le reste c’est superflu. Il faut être productif et rentable pour l’image de sa famille et la nation. Trouver sa place, trouver qui on est demande beaucoup de courage. Surtout quand il est question des premiers émois si hésitants et tellement remplis de questions. Comment être heureux tout en se protégeant? Comment aller de l’avant sans trop faire de pas de côté? Voici des interrogations opportunes. Le mangaka a décidé de se mettre tout de même en recul car il n’implique pas vraiment émotionnellement le lecteur. Même si les personnages sont touchants par leur hésitation, on ne s’émeut pas vraiment de la fin qui n’aurait pas pu autrement. Peut-on échapper à sa condition sociale? et si oui, de combien est le prix à payer? Alors au final, il vaut mieux se taire et être malheureux. Après tout, n’est-ce pas ça le plus important? Donner l’illusion pour satisfaire les autres qui sont aussi mal au fond d’eux aussi.

Un manga charmant par sa sensibilité qui dit qu’au final, c’est la pression sociale qui gagne toujours. Les émotions, il faut les enfermer dans un coffre fort et perdre la clé à jamais.

L’avis de La pomme qui rougit : « On se déconnecte, on arrête de réfléchir et on se laisse le mangaka nous emmener là où il veut. »

4 réflexions sur “Mes yeux rivés sur toi – Kuro Nohara

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