Woman World – Aminder Dhaliwal

Que se passerait-il s’il n’y avait plus d’homme sur Terre? Est-ce que cela sera la fin de l’espèce humaine? Les femmes devraient pouvoir se débrouiller entre elles.

4ème de couverture
Woman World est la première BD de l’autrice canadienne Aminder Dhaliwal, qui a frappé fort en proposant une œuvre extrêmement originale, drôle et féministe, qui suscite le rire autant que la réflexion.

L’action se déroule dans le futur, alors que les hommes ont progressivement disparu de la surface de la Terre et que les catastrophes écologiques s’enchaînent. Nous suivons la vie d’une communauté de femmes qui vivent, aiment, créent, font des blagues, travaillent, s’inquiètent de leur survie et de celle de l’humanité,…

Mon avis
On ne pouvait espérer un pamphlet plus investi qu’un récit où les hommes auraient tous disparus. La survie de l’être humain pourrait alors remise en question? Un peu mais pas tant que cela. La science vient en renfort pour trouver des solutions. Et en plus, il reste du stock de sperme dans les banques. Heureusement que les hommes adorent se masturber et souhaitent laisser une trace d’eux dans l’Histoire. Etrangement, c’est toujours une fille que le hasard choisi. Des sociétés vont se construire sans pénis et le monde ne s’est pas écroulé. Quoi la phallocratie est une construction mentale? Pour ceux qui avait un doute, le titre de la bande dessinée donne directement le ton : « Woman World ». Une femme nue avec drapeau est un indice supplémentaire. En effet, il était impossible d’identifier les cuisses de Beyoncé. Comment ne pas y voir un clin d’oeil au titre « Run the world (girl) »? Aminder Dhaliwal nous met au coeur d’une communauté qui s’interroge sur son sort, son passé, la notion d’amour, d’amitié, de travail… Elle croise le regard de plusieurs générations avec une petite fille, des trentenaire et une grand-mère. Chacune a expérimenté la notion de féminité à sa manière et tente de la projeter. Sans oublier de réfléchir à ce que pouvait être un homme, son utilité et sa place. Malheureusement, il reste peu de trace. Quel sens de l’humour et de la dérision qui va faire plaisir à de très nombreuses lectrices. De plus, grâce à son trait fin, sans couleur, elle créé un monde simple et chaleureux. La diversité se montre et cohabite à merveille. Une femme qui a subi une ablation de seins et dont il reste des cicatrices ne sera pas stigmatisée et en ressentira pas de pression sociale. Les saynètes se succèdent et dynamise cet ouvrage de 200 pages. Quand on arrive à la fin, on sort avec le sourire et ravie d’avoir rencontré des héroïnes aussi vraies et attachantes. Attention spoiler pour messieurs. Même en ayant un utérus, on peut discuter avec intelligence sans penser forcément à un mec.

Une bande dessinée féministe qui arrive très bien à faire passer son message.

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