Fukushima – Chronique d’un accident sans fin – Bertrand Galic, Roger Vidal et Christina G.

Le 11 mars 2011, une chose improbable arrive. Plusieurs séismes suivi d’un tsunami viennent frapper de plein fouet la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Comment faire face à l’improbable?

4ème de couverture
Japon, 11 mars 2011. Un séisme effroyable accouche d’une vague immense, qui vient frapper de plein fouet le nord-est du pays. C’est là que se trouve, entre autres, la centrale de Fukushima-Daiichi… D’une violence inouïe, le cataclysme provoque alors le pire accident nucléaire du XXIe siècle. Comment réagir face au chaos engendré ? Que faire quand l’inconcevable vient d’arriver ? Masao Yoshida doit répondre dans l’urgence. La réputation de son pays est en jeu, la vie de ses employés et de ses concitoyens en dépend. Dans un univers complètement dévasté, où les bâtiments sont plongés dans l’obscurité, tandis que les explosions se multiplient et que les radiations sont toujours plus toxiques, le directeur de la centrale fait preuve d’une ingéniosité et d’un sang-froid hors du commun. Il prend seul des décisions vitales, transgresse les procédures et les directives de sa hiérarchie pour éviter l’apocalypse… Mais, malgré tous ses efforts, après cinq jours durant lesquels les secondes passent comme des heures, un énième incendie se déclare et oblige à l’évacuation de la majorité des employés. Ne reste alors sur place qu’une poignée de volontaires qui travaillera d’arrache-pied pour stabiliser tant bien que mal la situation. Dix ans après, Bertrand Galic et Roger Vidal retracent avec force et détails les premières journées d’une tragédie sans fin. Le récit d’un compte à rebours angoissant, pendant lequel un chef et ses équipes doivent faire face à une catastrophe technologique sans précédent et à des supérieurs complètement dépassés par les événements.

Mon avis
Les mangas sur Fukushima ne manquent pas avec divers points de vues. Mais Bertrand Galic, Roger Vidal et Christina G. ont décidé de faire une bande dessinée et ne sont pas japonais. Ils nous plongent au moment fatidique où l’improbable arrive et il faut gérer. Comment bien faire pour protéger aussi bien les salariés que les citoyens du pays? Le directeur du site n’est pas libre de ces actions puisqu’il doit les faire valider par des hautes autorités politiques et financières. La notion de temps quand on est face à des fuites de produits nucléaires n’est pas celle de personnes au loin dans leurs bureaux. Chacun réfléchit déjà à ces enjeux en terme de responsabilité avant même de trouver des solutions pour colmater les brèches. Les salariés sur place se sont donnés à 200% qu’importe ce qu’il peut leur arriver et comment va leur famille. Une immersion totale qui nous montre la complexité d’une situation dont il est impossible de trouver les bonnes réponses immédiate. Catégoriser les choses par urgence est un vrai défi. Nous assistons aussi à un interrogatoire devant la commission d’enquête gouvernementale, Masao Yoshida, d’un responsable du site qui doit tout justifier. Il faut trouver des coupables qui ne soient ni le gouvernement ni l’entreprise qui gère le site. Un bouc émissaire serait vraiment la bienvenue. Seulement, en regardant déjà le projet n’a pas été bien préparé. La population n’est pas si dupe et connaît déjà le danger du nucléaire. Ils ont déjà été des éléments de tests grandeur nature. Pour permettre au lecteur de comprendre l’ensemble de la problématique, un dossier technique, accessible en fin d’ouvrage. Il est très bien expliqué, vulgarisé et aborde aussi bien le fonctionnement de la production d’énergie, des déchets, des risques… Une approche réaliste aussi bien dans le graphisme que dans la tentative de restitution d’un instantané. En plus, des lecteurs peu aguerris dans le 9ème art seront plus rassurés par le format bd que manga. Une autre manière de s’informer, de comprendre et de réfléchir qui se complète à merveille avec des documentaires ou livres plus standards.

Une approche scientifique et humaine qui montre la complexité d’un évènement qui avait une probabilité quasi-nulle d’arriver. Mais quand c’est là, comment faire face à ces conséquences graves?

L’avis de Belette : « Il restera des zones d’ombre sur ce qu’il s’est passé durant ces cinq jours capitaux, mais la bédé apporte de nombreux éclairages et le déroulé du scénario est minutieux, avec dates et horaires pour nous montrer combien les faits se sont parfois enchaînés très vite, trop vite. »

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