Petit Sapiens – La vie de famille – Ronan Badel

Ce n’est pas facile tous les jours de vivre en famille à l’époque préhistorique. Ainsi le quotidien devient une aventure en tant que telle. Est-ce si différent dans une famille moderne?

4ème de couverture
«Mon père dit toujours : Qui va loin de sa grotte, perd sa grotte! Nous étions maintenant des sédentaires : la chasse, la cueillette, quelques outils, deux ou trois bijoux, et interdiction formelle de s’éloigner de la maison.»

Mon avis
Il y a des livres que l’on choisit avec certains biais. J’avais choisi cette bd en pensant naïvement être une histoire de vulgarisation historique à destination des enfants. La préhistoire est une période si riche et qui est soumise à tellement de controverses que l’ouvrage pouvait être l’outil qui mettait un coup de pied aux culs les idées reçues. Comme d’autres périodes, on sait maintenant que les choses ont été vu par une petite lorgnette où l’on voulait justifier la supériorité de l’homme sur la femme. Si c’était avant comme ça, c’est normal que les choses n’ont pas évolué. Alors je fondais de grands espoirs sur cette lecture pour l’offrir à des primo-lecteurs. Une occasion de leur faire aimer la lecture avec un format adapté, qui combine dessin et texte, avec du récit et des dialogues et surtout en bonus de la connaissance. C’est indéniablement facile à lire et à comprendre. Par contre, pour la fidélité historique on peut s’asseoir dessus. La période historique est juste un prétexte pour raconter une histoire de famille et c’est tout. Car voilà que l’on retrouve une famille avec un père, une mère, une fille et un garçon et des grands parents blancs. Ils vivent isolés et ne veulent pas se mélanger avec les autres car ils sont différents et par conséquent moins bien, moins intelligent. Apparemment il ne faut pas sympathiser avec ceux qui n’affichent pas la même apparence, la même culture. Pourquoi évoquer la richesse de la diversité, de l’inclusion et le co-construction à des enfants quand on peut évoquer l’exclusion, l’entre-soi et le patriarcat? Donc le père dirige la famille et va à la chasse. Pour permettre la survivance de la famille, il forme son fils qui reprendra la suite. La maman, mince, taille de guêpe, cheveux longs, s’occupe de la décoration, de la cuisine et quand même de la cueillette. On sait dorénavant que tout cela est faux. Par contre, cela correspond bien à une vielle idée rétrograde de la notion de famille où l’homme est le maître dans sa maison. Il a des trucs qui lui sont tombés entre les jambes et apparemment l’intelligence se trouve à l’intérieur. Même si les scientifiques font un consensus que ce n’est pas le cas, l’idée populaire se poursuit. De toute façon, si on avait un doute vous verrez des dessins de service trois pièces. Et les vieux, on les garde à la maison. Comme ils sont vieux, ils sont donc séniles et se perdent dans la nature la journée et on les rentre le soir. Il serait dommage d’oublier la puberté chez la fille qui est de mauvaise humeur et donc se cherche en changeant de look, de maquillage… Pourquoi éviter un cliché de plus? Heureusement que le héros, un petit garçon, lui est gentil, curieux et qu’ils s’intéresse aux autres. Aucun risque que j’offre cet ouvrage qui va connaître une autre vie via des boîtes à livres.

Une petite déception qui ne me fera plus choisir les yeux fermés la collection du Père Castor.

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