Dans mon open space – Tome 2 – Jungle Fever – James et Patrice Larcenet

Même si certains chantent que le travail c’est la santé, c’est aussi une source de stress. Il n’est pas facile de savoir s’en sortir dans cette jungle. Seul les adaptables pourront s’en sortir.

Pour la première fois depuis longtemps, on propose un vrai contrat de travail à Hubert. Le boss lui propose un boulot à la hauteur de ses formations. « Je vois que tu as fait un mastère en commerce international, suivi d’un DESS en finance et d’un doctorat en marketing… » Il lui propose un poste d’assistante. « Bien, si tu as réussi à avoir un CDI, c’est que tu nous as prouvé que tu avais les épaules pour assumer cette charge. » Et cerise sur le gâteau, il y a tout de même une période d’essai qui sera renouvelée. Jean-Luc en voulant une assistante s’attendait à une bombasse qu’il pourrait draguer vulgairement. « Enfin bon… j’imagine que je n’ai pas le choix ». Etrangement, il va s’y faire. Le respect n’est pas une chose non plus facile à avoir. Alors quand un salarié demande au DRH : « Je veux de la considération » ce dernier ne peut que lui répondre : « Désolé, je n’ai pas de budget pour ». La précarité de l’emploi incite chaque jour à avancer avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et dire que cette sinistrose va durée pendant 40 ans pour espérer avoir une retraite. Rien de très motivant mais avant de faire des plans sur la comète, peut-être déjà finir la période d’essai. Décidément, le destin d’Hubert ne semble pas très réjouissant. Heureusement qu’un partage de temps entre service lui permet de se changer les idées. Du moins, le temps que la question de la délocalisation soit éclaircie. Un vent de panique commence à souffler dans les bureaux. Par chance, c’était le dernier jour de la période d’essai d’Hubert, le voilà maintenant en CDI, enfin une bonne nouvelle.

James ne manque décidément pas d’idée pour porter un regard critique sur le monde impitoyable d’entreprise. Heureusement que la structure fictive fabrique des sous-vêtements car on pourrait que toute ressemblance avec la réalité serait fortuite. Il aborde avec dérision les personnes surdiplômées qui ont des postes comme assistant avec le salaire qui va avec, le harcèlement, l’humiliation… Sans omettre de stratégies de manipulation comme le boss qui met une petite chaise fragile pour créer l’inconfort chez les collaborateurs pour le déstabiliser et qu’il ne puisse arriver à formuler ces requêtes/problèmes. Et comment optimiser les choses quand internet déconne. C’est un des gros soucis quand la connexion s’interrompt. Tout passe par le numérique ce qui montre une dépense à cette nouvelle technologie et les frustrations que cela peut engendrer. Une autre thématique commence a être abordé avec la délocalisation. Tout coûte moins cher en Chine, comment rivaliser? La production est déjà faîte en Chine, en Tunisie, en Inde… Jusqu’où cela peut aller? Aucun doute que le scénariste aborde ce sujet dans les deux autres tomes de la série consacré au travail. Il donne à rire d’une réalité bien trop vrai et qui ne fait plus rêver. Faut-il être alors devenir juste une bête et être dévoré ou se faire dévorer? La représentation anthropomorphique laisse au lecteur le choix de trouver la réponse qui lui convient le mieux.

Un tome où l’absurde et la dérision mettent le doigt sur un triste constat. Le travail peut-il épanouir?

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