Jean-Gabin – L’Homme aux yeux bleus – Noël Simsolo et Vincenzo Bizzarri

Qu’importe l’âge que l’on peut avoir, le nom de Jean Gabin évoque quelque chose. Depuis qu’il a trouvé sa vocation, il a toujours été dans le milieu cinématographique, théâtrale et musicale. Jusqu’à son dernier souffle, l’âme d’artiste aimant la terre a laissé une trace.

La guerre est bien présente. Jean Gabin connu pour plusieurs de ces films « Pépé le moko » ou « Gueule d’amour » a décidé de se réfugier aux Etats-Unis avec plusieurs de ces amis. Mais très vite, il sent qu’il doit devenir un acteur dans ce conflit et s’engage dans la marine. Par chance, tout le monde ne sait pas son métier à la vie civile. « J’ignore ce qu’il vaut comme acteur, votre Gabin, mais comme capitaine d’armes, il est très bien. » Et puis d’instructeur, il finira par aller sur le champ de bataille comme il le souhaitait. Marlène Dietrich faisait de son mieux pour aller là où il était pour remonter le moral des troupes et surtout le sien. En 1945, il refuse de défilé sur les champs Elysées et doit reprendre sa vie d’avant. Lui qui rêvait de gérer sa ferme à la campagne doit reprendre des études sur la volonté de son père. Il s’y refuse et fugue de l’établissement. Alors va commencer pour lui par hasard une carrière d’amuseur dans les théâtres. Il travaille aux côtés de Mistinguett dans une revue, c’est de là que lui vient sa vocation. Une chance, car à partir de ce moment là, il s’impose de plus en plus comme acteur de cinéma. Il enchaîne presque que des succès qui font encore référence de nos jours comme « Quai des brumes », « La bête humaine »… Ses amis l’aident, le soutiennent à poursuivre sa carrière chargée professionnellement et émotionnellement. Déjà à son deuxième mariage et à un certains nombres d’aventures. « Je trompais Doriane, qui me trompait de son côté. » Le divorce laisse place à une nouvelle femme puis une autre comme Marlène Dietrich, qui toujours l’aimera. Le temps passe et les rôles aussi commencent à s’amenuir. Son ex lui demande toujours de l’argent. La vie continue avec de nouveaux défis à relever se présente à lui tels monter sur une scène de théâtre, se remarier, devenir père, avoir un prix au festival de Venise, agrandir sa ferme à chaque cachet de films… Pour ne pas être oublié malgré les années qui passent il tourne quatre à cinq films par an. « T’es pas un tueur en série, comme disent les angliches, mais un acteur en série ». Il choisit aussi de produire des films pour gagner toujours plus d’argent. Progressivement, ses amis de longue date meurent les uns après les autres. Prendre sa retraite devient une évidence car rester dans le coup devient difficile. Avant de tirer sa révérence, pourquoi ne pas sortir un 45 tours et quelques apparitions? En novembre 1976, « Jean Gabin est mort à l’hôpital Américain ».

L’histoire débute au milieu de la seconde guerre mondiale. Par conséquent, l’utilisation du flash-back devient impératif pour raconter la vie d’une personne. Les évènements à raconter dans la vie de Jean Gabin ne manquent pas, aussi bien au niveau de sa famille, de son travail que du point de vue amoureux. L’enfance n’a pas été si heureuse entre le déracinement à la terre, la mort de sa mère, l’obligation de faire des études supérieures… Sa voix, il va la trouver tout en gardant en tête de revenir un jour à la terre. Les affres du cinéma ne lui font pas oublier d’où il vient. Pour les femmes, c’est une autre histoire, car il a les officiels, celles qu’il épouse et celle avec qui il couche. La fidélité reste un concept hors du temps et de la réalité. D’ailleurs, en parlant de temps, Vincenzo Bizzarri joue assez bien avec ce dernier en jouant avec les teintes. Impossible de se perdre sur le moment. Du marron avec des cases aux bords arrondis pour le passé, des cases en bleu pour l’acteur jeune et les teintes plus classiques pour l’homme sur la fin de carrière. Le dessinateur coloriste joue avec les nuances de bleu ce qui est très ingénieux. Un choix pertinent de teinte au vu du titre « L’Homme aux yeux bleus ». Un atout qui a toujours servi au comédien. La dualité des teintes vient également quand l’homme passe aux souvenirs. Les trois entités entrent en discussion et en accord. Le dessinateur propose une approche très réaliste des personnalités que l’on peut pour la plupart identifier. Ceux qui ont connu cette époque pourront jouer à trouver les noms. Toutefois cela n’est nullement un ouvrage réservé à un public sénior qui a baigné dans les films français en noir et blanc. L’ouvrage rend hommage à un artiste qui a marqué les mémoires. Chaque année, la télévision rediffuse aussi ces films qui sont le symbole du cinéma français d’une autre époque. Noël Simsolo va s’intéresser aussi bien à l’homme qu’à l’artiste. On découvre qu’il était très proactif dans les films à faire ainsi que dans le choix des actrices. Le hasard n’était pas vraiment ce qu’il recherchait. L’important repose toujours sur le travail effectué avec sérieux et investissement. Le duo à la plume et à l’image a réalisé un ouvrage qui devrait séduire autant les fans que les néophytes. En plus, à la fin on retrouve l’ensemble des productions que cela soit en disque, au théâtre et bien entendu sur 47 année en lien avec le 7ème art. Vous risquez d’avoir envie de voir ou revoir des éléments de sa filmographie.

Une bande dessinée qui permet de voir un artiste sous un nouvel angle. Attention, vous risquez d’avoir envie de vous plonger dans un classique.

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